Valisar

1 — Valisar : L’Éxil de Fiona McIntosh

Une nouvelle œuvre de Fiona McIntosh

« Si vous aimez les histoires qui avancent vite, qui vous surprennent et vous emportent, alors les livres de Fiona McIntosh sont faits pour vous. »
Robin Hobb

 

L’Ensemble est attaqué par des troupes barbares venues de l’Est. À la tête de ces troupes étrangères, on retrouve Loethar, la barbe fournie, les boucles d’oreilles nombreuses. Il est le meneur de cette armée. Il semble avoir un penchant pour la violence. Surtout, il veut la suprématie sur les différents royaumes qui composent l’Ensemble.

 

Loethar a une dent toute particulière contre la couronne des Valisar. Il souhaite exterminer chaque héritier de la couronne, cela implique le Roi Brennus et son héritier Leonel. Cependant, celui-ci reste introuvable quand Loethar met enfin la main sur le dernier royaume de l’Ensemble.

 

Leonel a été confié à l’un des fils du Légat De Vis : Gavriel De Vis. Son rôle est de protéger l’enfant. Il doit le protéger des horreurs qui surviennent au château de Brighthelm et de la folie de Loethar.

 

En vérité, on se pose la question du véritable but de Loethar. Pourquoi veut-il absolument détruire l’héritage Valisar ? Pourquoi cherche-t-il absolument à obtenir le pouvoir de coercition qui semble être le propre des héritiers Valisar ? 

Un peu plus sur l’auteur et son œuvre

L’Éxil est le premier tome de la trilogie de Valisar, paru en 2009, pour l’édition française. Valisar prend corps dans le même monde que la précédente trilogie de McIntosh : Percheron. L’autrice y fait référence plusieurs fois.

 

La trilogie Valisar compte deux autres romans : Le Tyran paru en 2010 et La Colère en 2011.  Ce n’est pas le premier roman que je lis de McIntosh. J’avais déjà lu la trilogie du Dernier Souffle, ainsi que le premier roman de la série Percheron : Odalisque. J’aime beaucoup les écrits de McIntosh, ses intrigues sont entraînantes et palpitantes, malgré quelques petits manques du côté des personnages.

 

Fiona McIntosh est d’origine anglaise, mais elle réside actuellement en Australie à Adélaïde. Aux côtés de ses romans de fantasy, McIntosh a aussi écrit des livres pour enfants. Elle écrit principalement, maintenant, des romans policiers ainsi que des romans romanesques.

Avant de devenir écrivain, Fiona McIntosh a longtemps travaillé dans le domaine touristique. Pour la série Valisar, Fiona McIntosh a puisé son inspiration lors de l’écriture du Don. Elle visualisait le roi Cailech menacer de manger son ennemi. Elle a alors imaginé cette histoire à partir d’une base de cannibalisme et d’un souverain barbare.

 

« […] j’imagine, un souverain barbare pourrait se livrer pour terroriser ses ennemis.  Cette notion ne m’a jamais quittée ; elle a continué à pourrir en silence pendant des années avant refaire surface dans mon esprit au moment le plus incongru. »
Propos de Fiona McIntosh

Les conquêtes barbares comme inspiration

« Or, une toute petite scène très étrange ne cessait de me revenir en tête, celle d’un homme qui regarde une femme en ricanant pendant qu’il mange quelqu’un qu’elle aime. Je ne suis pas arrivée à chasser cette scène de mon esprit, alors, plutôt que de la combattre, je l’ai suivie là où elle voulait bien m’emmener. »
Propos de Fiona McIntosh

 

Je n’ai pas acheté Valisar pour l’intrigue mais, parce que je voulais lire un nouveau roman de Fiona McIntosh. Elle semble se consacrer pour le moment à la rédaction de romance. Elle a, néanmoins, publié trois séries de fantasy : Le Dernier Souffle, Percheron et Valisar. Cette fois-ci, le propos est assez éloigné des deux précédents romans. Alors que le Dernier Souffle et Percheron traitent aussi d’histoire d’amour.

Ici, ce n’est pas vraiment le propos. Certes, il y aura certainement une histoire d’amour dans les prochains tomes, je le sens. Ici, on se concentre sur le barbare lui-même. Le propos est plus violent que dans les précédentes trilogies. Fiona McIntosh se concentre sur le barbare lui-même, sa violence et son tempérament sanguinaire.

 

Cet opus est violent. On retrouve la dimension historique dans les pages de McIntosh. Une dimension liée aux invasions barbares qui ont pu survenir en Europe de l’Est. Cela m’a rappelé l’intrigue de Chimeterre, elle aussi basée sur une invasion barbare.

La famille au centre de l’histoire

Au-delà de la personnalité de Loethar qui laisse de nombreuses parts de mystère, l’histoire tend à se concentrer sur la famille en la personne de Leonel et de Gavriel. On comprend rapidement que le Roi Brennus a un autre plan derrière la tête. L’histoire n’en demeure pas moins une histoire de famille.

 

Même Loethar, le tyran, le barbare, semble entretenir une relation toute particulière avec le roi Brennus, à croire qu’il a une connexion familiale avec cet homme. On le voit à travers le personnage de Dara Negev, cette femme semble conserver de nombreux ressentiments envers la couronne Valisar.

A côté de cela, on a la relation entre Leonel et Gavriel qui sont amis, presque frères d’armes. Ils passent toute l’intrigue ensemble à fuir devant Loethar et les sbires de ce barbare. Leur lien est puissant et très fort. L’autrice le construit petit à petit, au fur et à mesure de l’histoire.

 

Il y a plusieurs personnages similaires, qui viendront étoffer l’histoire alors que l’intrigue se développe. En tout cas, l’autrice créé avec ambition les relations de ses personnages, aussi bien leur entente que leurs conflits, c’est aussi le cas pour Loethar, son frère Stracker et sa mère.

Les changements de point de vue des personnages

Je n’avais pas remarqué la structure du récit de McIntosh dans ses précédentes rédactions, je ne la note que maintenant. Elle ne construit pas chaque chapitre suivant les pensées d’un de ses personnages, mais bien suivant une structure différente. On suit plusieurs personnages au cours d’un même chapitre.

 

C’est un bon moyen de nous immiscer dans les pensées des personnages. On peut vivre un même événement à travers les yeux de différents personnages. Par exemple, on vit la mort de la reine à travers les yeux de Gavriel mais surtout ceux de Freath, l’aide de la reine. Ce dernier, qu’on pense pendant plusieurs chapitres être un traître, se révèle être un homme de confiance. Sans doute, l’un des seuls loyalistes de la royauté Valisar.

A se demander comment Freath compte faire face à Leonel quand celui-ci reviendra en Valisar et voudra certainement venger la mort de ses parents, face au traître. C’est le cas dans différents moments du livre, c’est intéressant comment on suit les propres connaissances des personnages, ainsi que leur propre ignorance.

 

Ce que je reproche souvent aux romans, c’est le manque de profondeur des personnages, ici, ce n’est pas le cas, McIntosh garde un grand mystère autour de ses personnages, et même si j’avais deviné quelque chose en début de roman, c’est agréable de voir qu’il y a encore plein d’éléments à comprendre et à découvrir dans les prochains volumes.

Où sont les femmes ?

Il y a une chose qui m’a marquée ici, c’est le manque de femmes au centre de la scène du roman. Il y a bien la reine Iselda ou encore la petite fille que la jeune femme met au monde en début de roman, mais pour être honnête, les femmes disparaissent rapidement de la scène principale.

Bon, elles ne sont pas totalement absentes du récit, il y a bien d’autres jeunes femmes qui prennent peu à peu leur place dans le roman, mais elles semblent encore anodines. J’ai hâte de lire la suite de cette histoire qui semble bien plus féminine au fur et à mesure que le récit avance.

 

Je ne vous dévoilerai pas le récit de l’autrice, au risque de vous en dire trop et de spoilier une partie de l’histoire mais j’ai bien aimé le petit twist en fin de roman. 

Un retour de Percheron inattendu

Une autre surprise de cette série réside dans la création du monde de Valisar qui se trouve être dans le même univers que le monde que l’autrice avait déjà créé avec Percheron. L’autrice nous offre d’ailleurs un beau rappel de ce monde.

 

Je n’ai lu que le premier tome de la série Percheron, mais j’ai été agréablement surprise en retrouvant l’univers enivrant de Percheron avec ses beautés et ses parfums. C’est un intéressant clin d’œil de l’autrice à une précédente épopée qu’elle avait déjà rédigée avant la création de cette nouvelle série.

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« Des balafres lumineuses entaillaient les cieux à l’est ; l’aube était proche. Souffleté par les vents en provenance de la mer, l’oiseau, qui avait parcouru une longue distance durant la nuit, chercha des yeux le repère qui le pousserait à descendre en vol plané. »
Extrait de Valisar, L’Éxil.

 

Je me demande si celle-ci aura une nouvelle incidence sur la série, mais c’était intéressant de voir les deux mondes se connecter l’un à l’autre.

Conclusion

Pour conclure, c’est une nouvelle série à découvrir de Fiona McIntosh. Celle-ci est bien plus sombre et difficile que les séries qu’elle a pu écrire par le passé. Il y a une certaine violence dans l’histoire de ce barbare, prêt à tout pour conquérir un royaume qui semble être le cœur de sa vengeance.

 

On ne sait pas encore grand chose des volontés de Loethar, à l’exception de son besoin de conquête et surtout de son besoin de détruire la descendance des Valisar. A croire qu’il y a plus à chercher dans le passé de Loethar et dans ses origines aussi. On sait, par exemple, qu’il n’est que le demi-frère de Stracker. Ainsi, qui était son père ?

 

Au fond, cette origine de Loethar nous mène à un autre thème du livre : la Famille. Même si, on détruit la famille du roi Brennus dès le début du livre, elle reste l’idée principale abordée par l’autrice, notamment à travers la relation entre Leonel et Gavriel.

 

Au début, je pensais aussi qu’il y avait une absence de personnages féminins forts, un manque que je ne comprenais pas trop, malgré la présence de quelques unes, assez en arrière plan. Cependant, j’ai découvert au fur et à mesure du roman que ce n’était pas vraiment le cas.

 

« De cette scènette minuscule, qui ne durait que cinq secondes sur l’écran de mon cinéma interne, est née l’histoire qui s’étale derrière cette page. »
Propos de Fiona McIntosh

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