Valisar 3 Le Colère de Fiona McIntosh

3 — Valisar : La Colère de Fiona McIntosh

Quelle déception au bout du compte…

Pour relire mes chroniques sur mes précédentes lectures de cette saga :

Valisar 1 : L’Éxil de Fiona McIntosh

Valisar 2 : Le Tyran de Fiona McIntosh

Valisar 3 : La Colère de Fiona McIntosh

« Fiona McIntosh a beau, comme elle sait si bien le faire, les prendre à contre pied […], on a un peu de mal à croire aux coups de foudre vite expédiés (après 300 pages d’hésitation sentimentales, c’est curieux), et à la méchanceté sans nuance de certains personnages » MarieC, Babelio

 

À présent, Loethar est retenu en captivité par une Daravagien, loin de Brighthelm, le siège de Penraven et du pouvoir. Cette absence sème une grande confusion au sein de l’Empire. Stracker, le frère aîné de Loethar, prend les rênes du pouvoir. Enfin pour un temps…

 

Les Valisar ne sont plus très loin, ils sont deux à revendiquer le trône. Il y a d’abord Leonel, abandonné de tous et sans égide pour le protéger ; le jeune homme reste obnubilé par sa conquête du pouvoir et la récupération de sa couronne. Il est prêt à tout pour honorer la parole qu’il a faite à son père.

 

Et, puis, il y a Piven, ce garçon qu’on pensait demeuré et qui s’est révélé puissant et intelligent. Il a été capable d’emprisonner une égide. Cette dernière fera tout, à présent, pour le protéger, même contre sa propre volonté.

 

Loethar, Stracker, Leonel, Piven, quatre hommes qui ont la volonté de conserver le pouvoir sur l’Empire. Pourtant, aucun d’entre eux n’est destiné à régner. La véritable héritière de Penraven est revenue. Elle est la seule détentrice de l’enchantement Valisar, et c’est à elle que la couronne est destinée… Un cinquième maillon d’une chaîne déjà bien complète.

Un peu plus sur l’auteur et son œuvre

La Colère est le dernier volume de la trilogie de Fiona McIntosh : Valisar. Il est paru en 2011 à la suite de deux volumes : L’Éxil (2009) et Le Tyran (2010). Ayant précédemment chroniqué les deux premiers volumes, vous retrouverez mon avis sur ceux-ci en haut de chronique.

 

Fiona McIntosh s’est fait peu à peu un nom dans le genre Fantasy avec sa trilogie du Dernier Souffle (2006-2008). Elle a depuis publié une autre trilogie intitulée Percheron en 2012. J’ai commencé à lire cette série, vous pouvez d’ailleurs retrouver ma chronique du premier volume : Odalisque. Valisar est la seconde trilogie que Fiona McIntosh a écrit en fantasy épique.

L’idée de cette série lui est venue au cours de la rédaction du Dernier Souffle. Elle avait alors imaginé un homme cannibale mangeant le corps d’un roi face à l’épouse de celui-ci. Elle a ensuite laissé l’histoire faire son propre chemin.

 

Fiona McIntosh est une anglaise, vivant actuellement en Australie à Adélaïde. Elle n’écrit pas seulement de la Fantasy, puisqu’elle s’est aussi initiée aux romans policiers et aux livres pour enfant. Cependant, en ce moment, l’autrice se consacre à la romance historique. Elle s’est d’ailleurs lancée dans un roman basé en France.

Un troisième volume qui n’égale pas les premiers

Alors, soyons franche dès le début. Je ne mets pas un avis de lecteur par hasard en début de chronique. Mon envie ici était bien motivée. Après avoir fini ce troisième tome, j’avais besoin de comprendre un peu ce que je venais de lire. Je voulais savoir si les impressions que j’avais, étaient partagées.

 

De fait, elles l’étaient. Ceci explique la présentation de l’avis de MarieC. Si vous avez lu mes précédentes chroniques, vous devez vous souvenir d’un certain engouement pour le premier volume et d’un véritable coup de cœur pour le second. J’avais été plus que satisfaite après la lecture du Tyran.

Il y avait de nombreux retournements, une véritable évolution des personnages et un changement de rythme que j’avais adoré. J’avais donc des attentes pour ce troisième volume, attendant avec impatience de voir où Fiona McIntosh allait nous entraîner.

 

Pour vous faire comprendre mon excitation, j’ai commencé à lire ce troisième tome juste après avoir terminé le second volume de cette trilogie Valisar. Pour vous faire une petite idée, j’ai lu Odalisque, il y a plus d’un an, et je ne me suis toujours pas lancée dans la suite de son histoire, et pourtant l’envie ne manque pas.

 

Tout cela pour vous faire comprendre que le commentaire que je vais faire ici, n’est pas tant en rapport avec une profonde envie de dénigrer le travail d’un auteur, mais bien parce que c’est un autrice pour laquelle j’ai beaucoup de respect et d’admiration.

Un récit qui devient étrangement insipide

À nouveau, je vais être franche, il y a vraiment très peu de choses qui m’ont plu dans ce troisième tome. J’ai trouvé que le récit perdait de sa saveur et aussi de son rythme. Nous passons une grande partie de notre lecture autour d’un couvent… Oui, vous avez bien lu un « couvent ». Ceci encore n’est pas tellement ce qui m’a le plus déplu dans ce roman.

 

J’ai juste eu l’impression que le récit se figeait en de multiples palabres, et celles-ci n’étaient pas forcément des plus intéressantes. Je pensais aussi que l’autrice allait nous permettre de comprendre un peu mieux l’enchantement Valisar et connaître l’héritière. Après tout, elle nous avait introduit ce personnage à la fin du premier roman de la trilogie.

J’en attendais donc beaucoup de cette première rencontre avec l’héritière Valisar. Pourtant, son introduction et le reste du récit devint de plus en plus insipide au fur et à mesure que je parcourais les lignes de ce troisième volume. Allait-on enfin en savoir plus sur les raisons de la magie Valisar ?

 

Et au-delà des Valisar, les nombreux personnages, qu’on a appris à aimer dans les précédents volumes, changent étrangement de direction. Vous allez me dire : n’est-ce pas ce que tu avais aimé dans les précédents volumes ? C’est vrai. Néanmoins, dans les précédents volumes, j’avais trouvé une cohérence dans ces changements — à l’exception de Leonel. Dans ce troisième tome, j’ai juste eu le sentiment d’être « forcée » dans une direction qui s’est soldée par une absence totale de reconnaissance des personnages. Pour moi, Loethar, Gavriel, Piven, Faris, etc. sont devenus des étrangers. Un comble après trois tomes…

Qu’est-ce que ces amourettes à trois francs six sous ?

Mais, en vérité, ce qui m’a le plus dérangée dans cette histoire, ce sont les histoires d’amour à trois francs six sous. Mais qu’est-ce c’est que ça ? En tant qu’autrice, je crois que le plus dur à écrire — en tout cas pour moi — ce sont les histoires d’amour. C’est sans doute parce que j’ai rarement lu une histoire d’amour qui semble bien menée avec des accents de vérité.

 

Il y a toujours quelque chose qui ne colle pas. En général, on se laisse quand même happé. Si vous voulez vraiment lire une belle histoire d’amour, bien amenée et bien écrite, vous devriez lire le Gang des Rêves de Luca di Fulvio. Ça, c’est une histoire d’amour !

Alors, autant, je pouvais croire à l’histoire entre Loethar et la géante — son nom m’échappe au moment de l’écriture de cette chronique — mais celle de l’héritière et Kilt Faris ? Honnêtement ? J’ai trouvé l’histoire entre eux ridicule. Alors oui, okay, Faris est une égide attirée par le pouvoir des Valisar, mais l’autrice fait tout pour nous faire comprendre qu’il y a un coup de foudre là-dessous.

 

Cela n’en est que plus ridicule quand les deux couchent ensemble pour la première fois — une belle manière de passer outre l’idée que l’héritier Valisar doit consommer une partie de son égide. Non mais franchement, qu’est-ce que c’est que cette histoire ! Et Ô surprise ! Bien sûr, Geneviève — l’héritière — est vierge ! La pureté à l’anglo-saxonne !

 

Désolé, je m’emporte. Ça m’a un peu énervée de voir deux premiers romans se terminer par ce troisième aussi cliché. Comme si cela avait été un autre auteur qui l’avait écrit…

Des personnages fragiles et déséquilibrés

Je m’étendrais donc un peu plus sur Geneviève. Je ne sais pas si l’autrice voulait en faire son personnage principale. Après tout, elle était absente du premier livre et en grande partie du second. Elle ne semblait pas destinée à devenir le personnage le plus important de cette saga… Enfin je n’en suis pas sûre.

 

Je n’ai eu aucune attache pour la jeune fille, et quand je dis aucune, je dis aucune. Je l’ai trouvée plate et inintéressante. L’autrice avait, pourtant, un bel angle d’attaque à développer. De fait, comme la jeune fille venait d’un monde contemporain au nôtre, cela aurait été passionnant de voir sa confusion dans la découverte de ce nouveau monde.

 

On a rien de tout cela ici. À part quelques mots qui diffèrent et quelques rappels, on passe rapidement outre le changement massif qui arrive à la jeune femme. Imaginez. Vous vivez à notre époque, avec ces technologies, etc. et vous vous retrouvez plongés dans un monde médiéval, à la géographie complètement différente… Sans attaches, sans possibilité de retour… De quoi être vraiment perdu… Et là, non… Elle tergiverse deux/trois pages, puis tombe amoureuse, et tout va bien dans le meilleur des mondes… Bref… Je ne suis pas du tout convaincue. 

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Si seulement Geneviève était l’unique personnage sans profondeur, mais j’ai détesté la manière dont l’autrice traite Corbel de Vis. Tout comme Geneviève, Corbel n’apparaît vraiment qu’à la fin du tome 2 et dans ce tome-ci. Du peu qu’on ait lu sur lui, il semblait être assez sombre mais fort et pragmatique. Hors dans ce troisième volume, j’ai trouvé que l’autrice cherchait plus à s’en débarrasser qu’autre chose. Bien dommage…

 

Je ne parle même pas d’autres personnages comme Reuth, Kirin, Lily et même Kilt Faris, lui-même. Alors que j’avais éprouvé un intérêt pour le brigand, il n’obtient que mon indifférence dans ce volume. Sa relation avec Geneviève le rend niais, et un peu ridicule.

 

Mais, c’est surtout le personnage de Leonel qui m’a dérangée. Alors que son changement au cours du second tome pouvait paraître crédible, tout cela se radicalise dans le volume 3, et pas pour le meilleur. Je ne sais pas, j’ai eu le sentiment que ce retournement ne coïncidait pas avec le début de la saga…

Une véritable déception au bout du compte

Au bout du compte, ce fut une véritable déception. Comme je vous l’avais dit, j’avais beaucoup aimé le deuxième roman de cette trilogie et j’avais donc des attentes vis-à-vis de ce troisième opus. Étrangement, c’est la qualité que j’avais trouvée dans le deuxième livre qui est devenue une faiblesse au cours de cette troisième lecture.

 

Il y a eu trop de changements dans ce troisième opus, aboutissant à une histoire qui semblait incohérente avec les débuts de la trilogie. Les personnages ont été abîmés au fur et à mesure que l’histoire évoluait. Prenons l’exemple de Loethar. Il est sans doute notre héros, s’il faut en chercher un.

Il était parfait en personnage sombre et mystérieux dans le premier opus, puis en quête de rédemption dans le second. J’avais d’ailleurs trouvé le développement de sa relation avec l’amie de Gavriel touchante et drôle. Celle-ci avait été bien amenée avec la présence d’une tierce personne.

 

Au final, Loethar perd, lui aussi, tout intérêt. Son envie d’arrêter de mener l’empire n’a rien de logique et son choix en fin de roman l’est tout autant. Je ne comprends pas vraiment ce roman, en vérité. Il y a trop de différence avec le travail effectué sur les précédents.

Conclusion

Pour conclure, vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout aimé ce troisième opus. Ceci s’explique peut-être du fait des attentes que j’avais sur celui-ci. J’ai vraiment cru que je lisais le livre d’un autre auteur. Il y avait des clichés que je ne m’attendais pas à découvrir dans les lignes de la trilogie Valisar.

 

La déconstruction des personnages est sans doute à l’origine de ma déception. Vous savez comment j’aime découvrir des personnages avec une certaine profondeur. Bien qu’elle n’ait pas pu détruire ce qu’elle avait construit dans les deux premiers opus, certains personnages ont quand même souffert dans ce troisième volume.

 

C’est étrange parce que ce que j’avais grandement apprécié dans le précédent volume semble être la raison de ma déception dans ce troisième tome. À croire que trop de retournements de situation en viennent à détruire une histoire…

 

Je suis partagée quant à la fin de cette série. D’un côté, j’aimerais pouvoir croire qu’un quatrième tome serait capable de combler les lacunes de ce troisième volume, d’un autre côté, je ne suis même pas sûre que je l’aurais acheté, tant j’ai été déçue par la conclusion de l’histoire.

 

« Dans ce dernier tome, j’ai tout simplement été déçue par l’évolution des personnages et, bien évidemment, par le dénouement final. » Helvetius, Babelio

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