Valisar 2 Tyran

2 — Valisar : Le Tyran de Fiona McIntosh

Une suite aux changements drastiques

Pour relire mes chroniques sur mes lectures de cette trilogie :

Valisar 1 : L’Éxil de Fiona McIntosh

Valisar 2 : Le Tyran de Fiona McIntosh

Valisar 3 : La Colère de Fiona McIntosh

« Une suite très très haute en couleurs. Le plus grand retournement de situation que j’ai jamais lus, on plongeon dans le futur… du grand art! Avec un tome 2 aussi renversant impossible de savoir où l’histoire va nous conduire dans le prochain tome, ni comment la trilogie se conclura » Avis Cedric Duval, La Fnac

 

Dix ans se sont écoulées depuis l’avénement de Loethar à la tête de l’Ensemble. Il a depuis longtemps quitté ses atours barbares pour appliquer une politique ferme mais juste afin de faire prospérer son nouvel Empire. Le moins que nous puissions dire, c’est qu’il a réussi.

 

Il a su amadouer les familles nobles, conquérir la population. Personne ne peut trouver à redire quand au succès de l’économie de l’ancien Ensemble Denova. Même ses plus fervents opposants doivent reconnaître la prospérité économique de la région. Cela inclut aussi bien le Roi Leo que son acolyte Kilt Faris.

 

Loethar a su déjouer les prévisions les plus pessimistes. Même Freath, l’agent-double au sein du palais ne peut se départir d’une certaine admiration pour l’homme qu’on a cru n’être qu’un simple barbare. Pourtant, il est temps pour Leonel de reprendre les rênes de son royaume. Il le sent au fond de lui et il est impatient de faire ses preuves.

 

Néanmoins, son impulsivité et son immaturité lui jouent des tours. Surtout, quand elle le conduit à une suite d’événements dramatiques qui font lentement, mais irrémédiablement, tomber le château de cartes qui forme la fragile entente entre ses alliés.

Un peu plus sur l’auteur et son œuvre

Le Tyran, deuxième roman de la trilogie Valisar est paru au cours de l’année 2010. Il avait été précédé par un premier roman L’Exil, précédemment chroniqué. Valisar prend corps dans le même monde que la précédente trilogie de McIntosh : Percheron. L’autrice y fait référence plusieurs fois.

 

La trilogie Valisar compte trois autres romans — comme son nom l’indique —,  L’Exil paru en 2009, Le Tyran paru en 2010 et La Colère en 2011.  Ayant déjà lu le premier tome de la série, je me suis lancée dans la lecture du second. Je n’ai pas attendu de le trouver en librairie, cette fois-ci, je l’ai lu en ebook.

J’avais bien aimé le premier tome, bien loin de mes impressions du Dernier Souffle. C’était une série que je n’avais pas envie d’arrêter en cours de route comme la série Percheron : Odalisque. Je pense d’ailleurs reprendre celle-ci assez rapidement. Comme vous devez vous en douter, j’aime beaucoup le style de McIntosh. Elle réussit à m’entraîner dans des intrigues palpitantes et réussit à ressentir un attachement à ses personnages.

 

Fiona McIntosh est d’origine anglaise, mais elle réside actuellement en Australie à Adélaïde. Aux côtés de la fantasy, McIntosh a aussi écrit des livres pour enfants, des romans policiers ainsi que romanesques.

Un prologue qui déroute

Si vous vous êtes renseigné sur ce livre, cela ne devrait pas vous étonné. Pour ma part, quand j’ai commencé ce livre, j’ai eu un petit froncement de sourcils. Je me suis demandé si je n’avais pas acheté le mauvais bouquin. Alors que l’univers de McIntosh se déroulait à une période plutôt moyenâgeuse, on se retrouve à entendre parler de télé-réalité.

 

Je n’avais pas lu la préface, je n’étais donc pas avertie de la surprise qui m’attendait. Au lieu de cela, je me suis retrouvée transportée dans un monde similaire au nôtre. Je me suis trouvée au sein d’un hôpital avec ses télévisions, ses patients, etc. Bref, de quoi être franchement perplexe.

Surtout qu’on retrouvait deux personnages qui avaient disparu de nos pages de lecture dès le début d’Éxil. Vous comprenez donc mes questionnements. Finalement, ce sont surtout les noms des deux protagonistes qui m’ont rassurée. Enfin surtout celui de Corbel De Vis, l’autre est resté absent de l’histoire de Fiona McInstosh jusqu’à son retour en grande pompe dans le tome 3.

 

En cherchant des avis sur ce tome 2, je me suis rendu compte que je n’étais pas la seule à avoir éprouvé quelque perplexité à sa lecture. Même Fiona McIntosh se demandait si cela n’allait pas braquer ses lecteurs :

 

«J’étais un peu nerveuse à l’idée de vous projeter dans un monde contemporain au début de ce livre, mais ça me paraissait juste… et j’ai appris à suivre mon instinct. »

Un saut dans le temps essentiel

À l’exception de cet interlude, je fus heureuse de retrouver mes héros dix ans plus tard. C’était, je pense, la meilleure façon d’aborder ce livre. Cela nous permet à nous, lecteurs, de découvrir ce que sont devenus les personnages du premier tome. On s’y était quand même attachés.

 

J’ai été heureuse de retrouver Loethar et Freath, Leo, Kilt et Jewd ou encore Greven et Piven. Différents personnages que l’autrice a su faire grandir et évoluer. Je trouve cela d’autant plus intéressant que certains étaient des enfants lorsque nous les avions quittés. On les retrouve adolescents ou adultes. Certains ont mûri, d’autres non. Il y a une étrange discontinuité entre le tome 1 et le tome 2 quant aux personnages. Ce n’est pas pour me déplaire.

Celui qui semble le plus affecté est Leonel. Néanmoins, vous serez aussi étonné de la tournure que prend Piven, Kilt Faris, Gavriel (surtout lui) et même Loethar. Ils ont évolué, ils ont changé, à l’image de l’Ensemble qui prospère sous le règne de Loethar contrairement à ce que nous pouvions espérer en fin de tome 1.

 

Bon, j’avoue, cette découverte n’était pas tellement surprenante. Il y avait déjà quelque chose chez Loethar qui semblait prouver qu’il était bien plus qu’un simple chef barbare. J’avais bien deviné ses origines, mais elles furent parfaitement amenées au cours du récit par l’autrice.

Que de retournements de situation

C’est un livre plein de rebondissements que nous offre l’autrice. J’ai vu dans les commentaires que certains trouvaient qu’ils étaient excessifs, je ne suis pas d’accord. Les revirements de situation, surtout en ce qui concernent les Valisar m’ont vraiment pris aux tripes. Je ne m’attendais pas du tout à ceux-ci.

 

Alors que l’autrice nous pousse à nous attacher à Leonel et Piven, on se rend compte qu’ils pourraient bien être le fond du problème. Comme si Loethar en donnant un grand coup de pied dans la fourmilière avait finalement révélé tous les travers d’une famille à laquelle on s’était attachée.

J’ai trouvé qu’il y avait une vraie intelligence d’écriture et de récit dans l’histoire de Valisar. Une intelligence que je n’avais pas forcément reconnu dans la trilogie du Dernier Souffle, ni dans celle de Percheron, bien que je ne souhaite pas m’étendre sur celle-ci, puisque je ne l’ai pas terminée.

 

J’ai senti une évolution d’écriture entre ces précédentes trilogies et celle-ci. Quelque chose de différent qui m’a énormément plu. Les personnages sont moins manichéens, l’histoire est plus étonnante, bref une évolution qui me fait croire que ma propre écriture sera elle aussi amenée à évoluer pour le meilleur avec le temps.

Loethar : enfin un personnage aux contours gris

Loethar est l’exemple parfait de ce personnage qui n’est pas aussi noir qu’on le pensait. Le changement n’est pas drastique, il n’est pas brutal mais diffus. Déjà, malgré toutes les horreurs que l’homme avait pu accomplir au cours du premier tome, je ne pouvais m’empêcher d’avoir quelques attachements à ce personnage.

 

Il ne semblait pas aussi lisse que son frère Stracker. (Il y a juste une chose ici, je ne comprend pas trop le choix de ce nom pour le général. Je le trouver tellement éloigné de ceux des autres barbares des steppes : Loethar, Dara Negev, Valya, Bern… Stracker, je sais pas mais ça me choque un peu sémantiquement)

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Il est tout le contraire, sa relation avec Freath est sans doute la meilleure représentation de ce côté ambigu chez Loethar. Il ne peut s’empêcher d’apprécier l’aide tout en le méprisant pour sa trahison. Son sentiment reste le même lorsqu’il découvre que Freath était toujours fidèle à Leonel. Loethar l’admire pour son courage et sa duperie même s’il est furieux d’apprendre qu’il a été trahi.

 

J’ai beaucoup aimé le développement de l’autrice de son personnage, et c’est d’autant plus réussi quand on pense qu’il n’est pas le seul personnage à bénéficier d’un tel travail. De fait, c’est aussi le cas de Gavriel De Vis, de Piven ou même de Leonel.

Le Mal n’est pas là où on l’attend

Comme je l’ai précédemment dit, il y a des retournements de situation. Il y a des changements au sein des personnages et tout cela nous amène au plus gros twist du livre. Le Mal n’est pas là où on l’attend, et si on m’avait dit qui était le véritable antagoniste de la trilogie en début de tome 1, je ne l’aurais pas cru.

 

C’est sans doute, là que réside la force de ce livre, l’incrédulité que nous avons en découvrant les traits d’un être qui semble bien malfaisant sous un masque angélique. Je comprends d’ailleurs comment l’autrice en est arrivée à une telle situation :

« Je reconnais avoir été surprise par la direction dans laquelle est partie l’histoire. Étant moi-même victime de ma façon d’écrire (je ne planifie rien et je suis mon inspiration), il m’était impossible de prévoir où deux personnages en particulier allaient se retrouver à la fin de ce Tyran. »

 

C’est intéressant de découvrir les différentes manières dont un écrivain planifie son récit et de voir comment certains se laissent véritablement guider par leur plume. Ce n’est pas mon cas, j’aime garder une adaptabilité à mon récit, mais j’avoue que je planifie beaucoup avant de me lancer dans l’écriture.

Conclusion

Pour conclure, cette trilogie est, sans doute, pour moi l’une des belles réussites de McIntosh. J’ai l’impression de retrouver une maturité d’écriture que je n’avais pas vue dans le Dernier Souffle, ni dans le premier tome de Percheron. Alors que le premier tome était un bon roman de Fantasy, je considère que les changements opérés dans ce second permet à Valisar de devenir une excellente série de Fantasy.

 

J’ai bien entendu hâte de lire la suite des aventures de Loethar & co. J’ai hâte de comprendre comment tout cela va se terminer, si l’héritière Valisar va finalement monter sur le trône ? Comment vont se dérouler les retrouvailles entre plusieurs personnages ? Etc. etc.

 

Bien sûr, le prologue est déroutant, mais je n’ai pas été choqué plus que cela par la décision de l’autrice, une fois entrée dans le vif du sujet, j’ai même trouvé que c’était assez culotté et que cela valait bien un pouce vert, pour la prise de risque.

 

Enfin, c’est un bel exemple d’évolution d’écriture d’un écrivain, et j’aimerais que McIntosh ait écrit d’autres romans de Fantasy, bien qu’elle se cantonne pour le moment à la romance historique — un genre que j’aime moins — j’espère qu’elle reviendra à ses premiers amours et nous fera découvrir une nouvelle palette de son imagination.

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