sexe au féminin

La sexualité au féminin

Comment la représentation de la sexualité féminine reste stéréotypée ?

Cela fait plusieurs mois que je n’ai pas écrit un article de réflexion, en vérité depuis 2018. J’avoue avoir été prise par la rédaction de mon nouveau roman Affaires Nocturnes. Il y a aussi la nouvelle que je réalise tous les mois.

 

Cependant, après plusieurs lectures et quelques séries que j’ai regardées ces derniers temps, je me suis interrogée sur la manière dont on traitait la sexualité féminine. Je trouve qu’il y a une mauvaise conception de celle-ci dans certains médias.

 

Je ne sais pas pour vous mais je trouve qu’on a tendance à avoir une conception biaisée de la sexualité féminine. Elle semble se diviser en deux catégories. Un stéréotype que j’ai du mal à comprendre et, me semble-t-il, je ne suis pas la seule.

 

Alors, certes, et je l’espère grandement, il y a bien eu une évolution de la vision de la femme. Celle-ci s’est fait particulièrement au cours des dernières années. Pourtant, le traitement du sexe reste encore un sujet masculin et un peu tabou quand on parle de sexualité féminine.

La représentation actuelle dans nos livres et films préférés

Avant toute chose, j’avais besoin de parler de la représentation qu’en font les livres et les séries. Depuis que je me suis lancée dans l’écriture, je deviens de plus en plus regardante quant aux livres que je lis. Cela inclut aussi les films / séries que je regarde.

 

Je m’intéresse en priorité à l’arc narratif. Je ne peux m’empêcher de noter que souvent, on représente la femme de manière extrêmement caricaturale.

Le rapport à la pureté virginale

 

C’est aussi le cas quand on parle de la sexualité féminine. Je viens de terminer le roman de Luca Di Fulvio : Les Enfants de Venise. Bien que le premier tome de sa trilogie m’ait complètement convaincue, ce fut moins le cas quant à celui-ci. Certes, il y a une richesse dans ce livre, la description de Venise et de cette époque cruelle.

 

Néanmoins, je n’ai pu m’empêcher de me souvenir d’un autre livre. Le passage des premières règles de Guiditta m’a rappelé une précédente lecture. Je n’ai pas réussi à m’attacher à ce personnage tant je l’ai trouvé caricatural.

 

Cela m’a rappelé le personnage de Geneviève dans la série Valisar. Vous retrouverez souvent le rapport à la pureté quand on traite de sexualité féminine. Bien que la pureté virginale existe encore à notre époque. Certaines personnes continuent de considérer l’absence de rapport avant le mariage — on fait tous nos propres choix. Je trouve que ce côté virginal prend un trop grande part dans les récits. La sexualité féminine n’évolue pas autour de ce concept, il n’en est qu’une infime partie.

 

On retrouve régulièrement cette virginité dans les séries érotiques, la jeune femme devant être initiée par un amant expert… Tout cela me fait régulièrement rouler les yeux, d’abord parce que c’est accentué comme si cela devait être une norme.

L’excentricité sexuelle

 

De plus, quand on assiste pas à une scène contant l’histoire d’une jeune femme vierge, on retrouve le caractère de l’excentrique, souvent représenté par l’apparence d’une prostituée ou d’une femme « de mauvaise vie » Il y a souvent l’aspect aussi d’une femme traumatisée.

 

Elles apparaissent souvent comme une femme blessée, persécutée ou encore agressée menant à devenir plus détachée quant à ses rapports sexuels. Je prends encore l’exemple des Enfants de Venise avec le personnage de Benedetta, mais on peut prendre d’autres personnages correspondant à cette image.

 

J’ai autant de problèmes avec ce genre de personnages qu’avec le précédent genre de personnage. Je ne dis pas que ces personnages ne peuvent pas exister, ce n’est pas cela le problème, mais bien l’absence de diversité dans la représentation féminine.

Une vision très noir/blanc de la sexualité

 

Tout cela pour avouer que je trouve qu’on présente la sexualité féminine en une simple dualité, comme une sorte de manichéisme entre deux types de personnages féminins surtout en ce qui concernait la façon dont ils représentent leur sexualité.

 

Quoi qu’on en dise cela prouve bien comment la sexualité féminine est encore un sujet inconnu et dénigré. De fait, quand je parle des Enfants de Venise écrit par un homme, on pourrait dire que seuls les écrivains masculins entrent dans une telle catégorie de clichés, mais ce n’est pas le cas.

 

Je me revois encore grincer des dents en lisant les passages érotiques du troisième opus de la trilogie de Valisar et des passages sur Geneviève. Ses livres ont été écrits par une femme : Fiona McIntosh. À l’opposée, si cela vous intéresse, vous devriez lire les livres d’Emmanuel Dongala, il n’y a pas des scènes aussi explicites que dans les précédents volumes, mais sa manière de parler de la femme, dépasse de loin les clichés qui existent dans certaines œuvres. 

Une évolution difficile en cours

Dernièrement, j’ai regardé un TEDtalk sur la sexualité féminine, celui-ci fut extrêmement instructif, prouvant à quel point celle-ci était dénigré et même désigné comme un élément futile de notre société. Je suis loin de le penser.

Le sexe comme outil de guerre

 

Le sexe est un outil. Une façon simple et terrible qui est utilisé particulièrement en Afrique pour affirmer une suprématie. Ici, je parle bien entendu de ce qu’on appelle les viols de guerre. Il est alors utilisé de la manière la plus vile qui soit, et la plus méprisante.

 

Cependant, il peut être aussi un outil de propagande et de combat. On ne parlera pas ici de guerre mais de combat. Cela nous arrête cependant sur ce que représente le terme même du sexe. Est-ce qu’il désigne seulement l’organe sexuel, l’acte en lui-même ou encore tout ce qui se rattache à celui-ci ?

 

Si on prend les femen, elles utilisent bien leur corps, l’érotisme qu’on associe encore à leurs poitrines pour manifester et représenter leurs combats. Elles utilisent ainsi leur sexualité pour représenter leur cause. Le sexe peut aussi être une manière de s’émanciper.

Une émancipation féminine

 

Bien que cela soit encore diffus, la sexualité n’est plus l’apanage masculin, elle se fait moins taboue pour les femmes. On voit peu à peu des femmes prendre les devants en terme de représentation sexuelle comme les réalisatrices Emilie Jouvet, France Fabritz ou encore Annie Sprinkle pour n’en citer que trois.

 

Le monde de la pornographie encore très masculine — et aussi extrêmement dépréciative des femmes comme on le voit dans le roman Judy, Lola, Sofia et moi de Robin D’Angelo — reste un univers sordide, notamment avec le développement de la pornographie amateur et de toute sa violence.

 

Il est agréable de voir un groupe de femmes revendiquer la sexualité. Cela amène une réflexion nouvelle sur un sujet trop longtemps éloigné des principaux sujets : les femmes.

Conclusion

C’est surtout à la suite de plusieurs lectures que je fais cet article, et bien que je ne souhaite pas parler de féminisme ici avec amples détails, je constate seulement qu’il reste un long chemin à faire quant à la représentation de la sexualité féminine et de la sexualité en général.

 

Elle reste un tabou, un sujet autour duquel on entend parfois un rire nerveux ou on repère le sourcil froncé et surpris de son voisin. Je ne suis, moi-même, pas une grande fan de l’expression orale à ce sujet. J’en parle jamais même avec mes proches (amies, famille) cela me semble relever de la sphère privée.

 

Et pourtant, comment ne pas s’intéresser à un sujet comme celui-ci, se renseigner et en parler quand on découvre une représentation parfois édulcorée, parfois exacerbée qui semble peu correspondre à une réalité.

 

Certes les supports cinématographiques ou littéraires ne sont pas toujours là pour représenter la vérité, je ne sais pas, je pense qu’on est toujours influencé par ce qu’on regarde qu’on soit jeune ou vieux, homme ou femme, l’image, le discours doivent être toujours modulés afin d’apporter une vision au plus proche de la réalité et d’éviter les clichés, et surtout, les fausses idées;

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