Le Nouveau Nom Elena Ferrante

Le Nouveau Nom d’Elena Ferrante

Une suite qui ne perd pas son souffle

« Acquis et entamé sans délais, après avoir été séduite par l’excellent récit de l’enfance de ces deux petites napolitaines, unies par une amitié sulfureuse, faite d’admiration et de cruauté, de bienveillance et de rancœur, dans un milieu brut de décoffrage, à Naples dans les années 50. » Critique de Kittiwake, Babelio.

 

Raffaella et Lenuccia sont à présent deux adolescentes. L’une mariée à Stefano, l’épicier du quartier, l’autre encore lycéenne. Lenù est perdue dans sa volonté de s’émanciper du quartier ou d’y rester.

 

Les deux jeunes filles s’éloignent, toutes deux perdues dans la folie que sont devenues leurs émotions. Alors que Raffaella subit son mariage, recevant régulièrement les coups de Stefano, Lenuccia ne trouve pas sa place entre les deux mondes.  

 

Elle se demande en quoi ses études lui seront profitables. De plus, elle continue de se lamenter sur son amour impossible pour Nino Sarratore.  

 

Ce sera finalement au cours d’un été sur l’île d’Ischia que l’avenir des deux jeunes femmes prendra un tournant inattendu. Malheureusement pour les deux amies d’enfance, ce tournant les éloignera. Il cultivera leur jalousie réciproque et les entraînera sur un chemin difficile…

Un peu plus sur l’auteur et son œuvre

Le Nouveau Nom est le deuxième tome d’une série de quatre volumes. Cette série se nomme L’Amie Prodigieuse. Elle raconte l’histoire de Raffaella Cerullo, à travers la voix de son amie de toujours  : Lenuccia. Cette dernière se fait aussi appeler Elena Greco. Elle a la volonté de rendre un récit précis de la vie de son amie : Lila. L’Amie Prodigieuse est un roman italien. Il a été publié en 2011 sous le nom original de L’Amica Geniale.

 

Il fut traduit aux Editions Gallimard en 2014. La suite de la série L’Amie Prodigieuse est paru aux mêmes éditions. Tout d’abord Le Nouveau Nom en 2016, puis Celle qui fuit et celle qui reste en 2017. Le dernier volume de la série : L’enfant perdue, a été publié en 2018.

L’autrice Elena Ferrante se pare de mystères. On sait que Elena Ferrante n’est qu’un nom de plume, et l’identité réelle de l’auteur reste inconnue, encore à ce jour, malgré de nombreuses spéculations. En effet, Elena Ferrante est parfois identifiée à la traductrice italienne Anita Raja. Elle est la traductrice, entre autres, de Christa Wolf. Domenico Starnone est un autre écrivain qui pourrait se cacher derrière l’identité d’Elena Ferrante. Il est aussi l’époux d’Anita Raja.

 

L’anonymat de l’autrice de L’Amie Prodigieuse a même entraîné une étude scientifique à l’université de Padoue. Des experts se sont penchés sur le travail d’Elena Ferrante afin de le comparer à plusieurs livres traduits. Tout ceci dans l’optique d’identifier l’auteur de L’Amie Prodigieuse

 

Si on oublie l’identité de l’auteur, L’Amie Prodigieuse a été traduit dans plus de quarante langues. La série a un large lectorat en Europe, ainsi qu’en Amérique du Nord.

Un premier volume réussi

J’ai beaucoup aimé ma lecture de L’Amie Prodigieuse. C’était rafraîchissant et aussi étrange de se retrouver autant dans les mots d’Elena Ferrante. Je me suis tellement identifiée à Lenuccia. Cette jeune fille quelque peu effacée en comparaison de son amie haute en couleur : Lila. 

 

Cependant, malgré un élan certain à cette première lecture, mon année 2018 fut marquée par d’autres coups de cœur. Certes, je conserve L’Amie Prodigieuse parmi une de mes meilleures découvertes. Néanmoins, je n’ai pas ressenti cette passion comme celle que j’ai pu lire dans certaines chroniques de ce livre.

Ce petit manque d’enthousiasme ne m’empêcha pas de me lancer dans la découverte du deuxième opus de L’Amie Prodigieuse : Le Nouveau Nom. Et je crois bien que ce deuxième roman est bien celui qui se révèlera addictif. 

 

Après un premier tome réussi, il est si facile de se perdre dans son histoire et aussi de décevoir son lectorat. Ici, il n’y a aucune déception, juste un regain pour cette écriture fabuleuse et cette histoire passionnante. J’ai adoré la façon dont Elena Ferrante nous parle des deux jeunes filles. Elle nous entraîne dans leur jalousie, dans leur amour, dans leur compétition.

 

J’ai adoré la façon dont elle nous parlait de l’adolescence, la façon dont elle nous parlait de l’éloignement des deux jeunes femmes au fur et à mesure des années et aussi de leurs retrouvailles.

Les affres de l’adolescence

Une nouvelle fois, c’est la profondeur des personnages qui rend ce livre si passionnant. Bien sûr, il y a de nombreux personnages secondaires. Toutes les familles, les connaissances et autres amis qui entourent Raffaella ainsi que Lenuccia.

 

Cependant, Elena Ferrante se concentre principalement sur ses deux héroïnes et leur croissance. Après avoir détaillé, avoir approfondi leur enfance, Elena Ferrante déploie à nouveau son talent en nous contant leur adolescence. Si je pense à une autre autrice aussi talentueuse pour les émotions adolescentes, ce serait certainement J.K Rowling. 

 

Je me suis prise à détester Harry Potter quand il est entré dans sa phase « relou » de l’adolescence (cinquième tome). Personne ne le comprenait, il était irascible, perdu et enragé contre ceux qui ne le croyaient pas. Je me rappelle avoir été profondément irritée par ses éclats.

En ce qui concerne l’adolescence de Lila et Lenù, celle-ci n’a pas été accompagnée d’autant émotions. Il faut dire que je n’ai plus quatorze ans comme lorsque j’ai découvert Harry Potter et l’Ordre du Phénix. Ici, j’ai plus de recul, et cela me permet d’apprécier d’autant plus le travail de l’autrice et la profondeur de ses personnages.

 

On retrouve le caractère de transition que peut revêtir l’adolescence, ce besoin de comprendre qui nous sommes, et ce que nous voulons devenir. Tout cela est superbement décrit.

Un comportement ambigu entre deux amies

L’amitié conflictuelle qui existe entre les deux amies est toujours présent. Néanmoins, alors que celle-ci s’inscrivait dans un caractère enfantin dans le précédent livre, cette fois-ci la compétition, la jalousie entrent dans les affres de l’adolescence et des premiers amours. 

 

Au centre de tout ceci, on retrouve Nino Sarratore (Tel père, tel fils…) Les deux jeunes femmes tombent éperdument amoureuse du même jeune homme. C’est intéressant de voir la façon dont les deux jeunes femmes se différencient, et combien, elles sont proches dans leur goût et leur volonté. 

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« Elle commença à nous parler des pièces. À ma grande surprise, elle y mit beaucoup de cœur, et elle s’exprima comme autrefois, en choisissant ses mots pour que nous puissions imaginer les personnes et les choses, et en nous transmettant l’émotion qu’elle éprouvait à les dépeindre et à les faire vivre devant nous. »
Extrait du Nouveau Nom

Lila n’a jamais manqué de confiance, elle a toujours su ce qu’elle voulait, elle a toujours su imposer ses choix, même lorsqu’elle se retrouvait à devoir faire face à Marcello Solara. En opposition, Lenù a toujours manqué de confiance, elle a toujours senti qu’elle était moins belle, moins intelligente, moins forte que son amie. 

 

Malgré ses bonnes notes, et les félicitations de ses professeurs, elle continue de se dénigrer, de s’effacer, même lorsque son amie prend une place de plus en plus importante dans sa relation avec Nino Sarratore.

 

Elle va jusqu’à soutenir celle-ci malgré elle. C’est un sentiment assez ambigu qui s’installe entre les deux amies. Lenù a beau éprouver de la jalousie pour Lila, elle garde une profonde affection pour elle. Certes, elle se venge, mais sa revanche se retournera malheureusement contre elle.

Le problème de communication

Je vous avais déjà fait part de la similitude que j’éprouvais pour Lenuccia, et je la retrouve ici, au cours de son adolescence. Certes, Lenù endosse le rôle de l’adolescente mal dans sa peau, perdue entre deux mondes, amoureuse inavouée d’un jeune homme qui finira par être l’amant de son amie Lila.

 

Pourtant, au-delà de cela, Lenù représente aussi le manque de communication qui existe entre les deux amies. On le voyait déjà dans le premier livre, elle avait du mal à avouer ses sentiments, ses peurs et ses colères à son amie, préférant un silence méprisant.

 

En ce qui concerne Lila, cette fois, elle ne lui révèle jamais les sentiments qu’elle éprouve pour Nino, malgré les nombreuses demandes de Lila. Elle ne lui avoue pas combien sa relation avec lui la perturbe, et la blesse.

« J’ignore si c’était de la mauvaise foi ou si — par ma faute, à cause de ma tendance à dissimuler mes sentiments — elle était vraiment convaincue que, depuis l’école primaire et jusqu’à ce jour, j’étais restée sourde et aveugle au charisme qui émanait du fils Sarratore, au point d’avoir eu besoin d’elle pour le découvrir, ici à Ischia »
Extrait du Nouveau Nom

 

Elle garde pour elle tous ses sentiments. Elle préfère s’éloigner peu à peu de celle qui lui ressemble le plus dans ses aspirations. C’est véritablement au cours de ce roman qu’on voit l’éloignement des deux jeunes femmes, qu’on découvre la différence de conditions de celle-ci.

Une lecture à couper le souffle

J’avais aimé le premier opus de L’Amie Prodigieuse, mais j’ai adoré Le Nouveau Nom. C’est vraiment au cours de celle-ci que j’ai ressenti combien cette série était formidable. 

 

On ne s’arrête pas de découvrir les décisions parfois incroyables et surtout inattendues des deux jeunes femmes. Certaines sont compréhensibles, d’autres moins. On a tout de même envie de connaître plus avant le destin des deux femmes, leurs vies, et comment Lila est venue à disparaître.

Je me suis attaché aux deux jeunes femmes, on se réjouit de leur bonheur, bien qu’il soit quasi inexistant, on souffre avec elles au cours de leurs nombreux déboires. On apprécie les changements qui s’opèrent peu à peu en chacune d’elles. L’une continuant ses études, et semblant connaître une certaine gloire, l’autre prenant une décision qui changera pour de bon le cours de sa vie.

 

Je n’ai qu’une envie maintenant, découvrir la suite de leur histoire dans un troisième opus : Celle qui fuit et celle qui reste.

Conclusion

Pour conclure, vous avez adoré le premier tome, vous vous pâmerez pour le second ! J’avais aimé sans plus de sentiment le premier opus de L’Amie Prodigieuse, mais cette fois-ci j’ai adoré ce second volume, au point de me coucher une nouvelle fois à trois heures du matin pour finir mon livre. 

 

Je sais, je sais, ce n’est pas sérieux tout cela. Que voulez-vous la relation entre Lila et ce nouveau camarade m’intéresse. J’avais aimé Enzo dès le début de cette histoire, et je ne fais que l’aimer un peu plus en découvrant ses actes au cours de ce second roman. 

 

Je dois bien avouer que l’adaptation parfaite de L’Amie Prodigieuse à la télévision n’a fait que renforcer mon intérêt pour cette série. N’avez-vous pas trouvé que l’adaptation était superbement réalisée ? Je l’ai adorée pour ma part. 

 

Je me lance dès que possible dans la lecture de Celle qui fuit et celle qui reste. J’ai hâte de découvrir les nouvelles aventures de Lila et Lenù. J’ai hâte de continuer leur histoire.

 

« C’est la suite romanesque, addictive, passionnante, percutante, qui incite à une réflexion intense sur cette période du parcours de Lila Cerullo et Elena Greco, des adolescentes inséparables dont les destins vont bifurquer. » Annette55, Babelio

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