mésaventures chinoises

Mésaventures Chinoises

Comment nos aventures parfois désastreuses peuvent-elles inspirantes ?

Je divise ma vie à l’étranger en trois parties. Il y a eu tout d’abord l’émerveillement et la découverte avec mon expérience inter-universitaire au Japon. C’était le voyage le plus lointain que j’entreprenais. Je n’avais que vingt-et-un ans à l’époque.

 

Puis, il y a eu ce besoin de repartir, un goût irrémédiable pour l’Asie et surtout pour l’exotisme du voyage. La Chine est apparue sur mon chemin comme un bon moyen de me rapprocher de cet état d’esprit. Je pouvais réaliser de nouvelles explorations, apprécier ce sentiment d’être ailleurs.

 

Enfin Bali. Cette étape inattendue qui est devenue un voyage initiatique et crucial pour ce que j’entreprends aujourd’hui : devenir romancière. Les voyages, je pense, aujourd’hui, nous sommes tous capables d’en faire — une majorité en tout cas.


Il n’y a plus rien de bien original à se désigner comme un grand voyageur. C’est une question d’argent, certes, mais partir ainsi aussi loin, je ne pense pas que cela ait le même goût qu’avant : Skype, Whatsapp, etc. Il est si facile de voir le monde, de retrouver des points de repères similaires.

 

Il y a peu d’endroits sur terre que nous pourrions qualifier d’inexplorés ou de vierges, ou quasi-vierges : Les Marquises ? La profondeur de la forêt Amazonienne ? L’île des Sentinelles ? Je ne saurais le dire…

 

Le voyage s’est quelque peu banalisé. Cela nous fait presque oublier que des petits tracas peuvent encore nous atteindre dans ce beau monde de l’exotisme.

La mondialisation d’une terre diverse

En repensant à ces voyages, au bout d’un certain temps passé à l’étranger, le dépaysement est total. Néanmoins, le mal du pays revient tout de même au galop. On aimerait retrouver des objets du quotidien, des choses que nous connaissons par cœur. Ce n’est pas si difficile que cela.

Un dépaysement garanti

 

La Chine est certes un pays d’un exotisme fou. Comme beaucoup de pays, les voyageurs ont tendance à ne gratter que la surface de ce nouveau monde. Ce fut de même pour moi. Pour être honnête, j’ai eu deux expériences chinoises complètement différentes. Une particulièrement forte de rencontres et d’étonnements, une plus engoncée dans une fausse image d’exotisme.

 

J’ai entrepris un premier voyage en Chine au cours des années 2010-2011. Un voyage, qui sans me permettre de visiter cette part de la Chine plus rurale et éloignée des villes, m’a tout de même amenée à le découvrir à travers un voyage en train. Êtes-vous du genre à passer vos heures de voyage le nez collé à la fenêtre, ou à lire / à regarder un livre / film ?

 

Je suis plutôt du genre à me perdre dans des rêveries lors de mes voyages en train. J’observe le paysage qui m’entoure. En sachant que nous avions fait Shanghai – Pékin, puis Pékin – Hong-Kong, vous vous doutez que nous avons pu admirer le paysage. Certes, c’était des voyages de nuit, mais en sachant que l’un durait vingt-quatre heures, cela nous a laissé pas mal de temps pour découvrir un monde à travers lequel nous ne faisions que passer.

 

Les villes, c’est une autre histoire. Elles peuvent être toutes aussi déroutantes par la taille des bâtiments, la taille des immeubles, c’est sans doute ce qui m’a le plus marquée quand je suis arrivée à Shanghai. Venant de Paris et surtout du quartier cossu du 8e arrondissement, les plus haut bâtiments se limitaient à six étages. Cependant, au bout du compte, il est facile de trouver quelques repères de-ci de-là.

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On trouve de tout partout

 

Cela m’est arrivé plusieurs fois d’avoir le mal du pays, en Chine, au Japon et même à Bali. Vous allez peut-être rire mais rien de mieux que la nourriture dans ces cas-là pour oublier ce mal-être. Avec la mondialisation, vous n’aurez aucun mal à trouver dans les rues de Shanghai, d’Osaka ou même sur les petites routes de Bali des magasins qui vous offriront un réconfort bien mérité.

 

Le pain, le beurre et le fromage, il n’y a que ça de vrai ! Alors, oui, bien sûr, il faut mettre le prix, mais au bout du compte, c’est une petite dose de paradis. Ceci arrive rarement en début de séjour, on a toujours tendance à vouloir s’imprégner du monde dans lequel on arrive. Ceci commence par la nourriture comme souvent.

 

Je me rappelle de ce petit restaurant au bas de notre immeuble dans Brillant City (nom de la résidence). C’était un restaurant Ouïghour qui faisait des bouillons de pâtes délicieux. C’était devenu un peu notre cantine, puis au bout de quelques temps, le Starbucks local est devenu notre nouveau repère… Ce n’est peut-être pas ce qui se rapproche le plus de notre culture française. Cela reste une piqûre de rappel dont nous avions besoin.

 

Quant à Bali, c’est sans aucun doute l’endroit où il m’était le plus facile de retrouver les condiments essentiels à mon bonheur de française. Si vous aviez besoin de beurre, il suffisait de faire un saut dans un supermarché comme Pépito pour trouver une barquette de beurre Elle & Vire demi-sel. (en plus de ma région que demander de mieux)

 

Tout s’exporte, tout s’importe, au point qu’avec un peu d’argent, on pourrait même en venir à croire que nous n’avons pas vraiment quitté notre chez-nous. Rien n’est moins sûr…

Les petites déconvenues

Puis, arrive le moment des petites déconvenues, ces petites aventures qui font que notre voyage reste gravé en nous, même si sur le moment, on est quelque peu sonné par la situation. Je ne me rappelle pas avoir vécu une telle situation au Japon, malgré les histoires cherchant à nous mettre en garde. Ce n’est ni le cas à Bali, j’ai eu beaucoup de chance pour cela. Par contre la Chine…

Virer comme des mal propres


Aujourd’hui cet événement m’apparaît plus comme un situation ubuesque qui a donné un peu de piment à ma vie chinoise. En fin de séjour, alors que nous attaquions notre dernière semaine à Shanghai. J’étais alors en collocation, notre propriétaire décide de nous mettre à la porte sans discussion possible.

 

Elle nous accuse d’avoir un impayé sur le loyer. Malgré les papiers stipulant que nous avions bien réglé celui-ci, elle ne cherche même pas à négocier, et décide de nous mettre tous à la porte le jour même. Une situation étrange que nous avons dû affronter en quelques heures.

 

Etrangement, nous n’avons pas été plus marqués que cela, c’était plutôt un épisode qui nous a rappelé que nous étions à Shanghai, dans un pays étranger et par forcément le plus démocratique possible.

 

Se faire mettre à la porte en Chine, il faut quand même le faire ! Au fond, ce n’est qu’un moyen de conserver des souvenirs et des anecdotes de cette période.

La chance du débutant ?

 

Et pourtant, je me rends bien compte de la chance que j’ai eue, aussi bien en Chine qu’ailleurs. Honnêtement au Japon, il y avait peu de risques, à l’exception de Fukushima. Peut-être est-ce bien là tout le problème ? Fukushima était un bien plus grand risque que toutes les petites mésaventures que j’ai pu avoir en Chine ou à Bali.

 

Cependant, je ne peux pas dire que d’horribles événements me soient arrivés au cours de ces trois voyages, et cela aurait pu l’être. J’entends encore les histoires d’aggressions en scooter sur les routes balinaises. Je n’ai jamais eu à en subir et je touche du bois que cela ne m’arrive jamais si j’y retourne.

 

En Chine, de même, il m’arrivait parfois de rentrer tard le soir dans les rues de Shanghai sans que rien ne me soit arrivé. C’est sans doute une ville sûre mais on ne sait jamais. Des quelques aventures que j’ai eues au cours de mes voyages, elles sont certainement une inspiration pour mes écrits, et notamment lorsque je me lancerais dans un nouveau projet…

 

Il faudra pourtant patienter car deux autres livres doivent voir le jour avant celui… Affaires Nocturnes et le tome II de la série Trois Empires !

Conclusion

Vous l’aurez compris, ce que j’entends par mésaventures ne concernent pas les gros déboires dont certaines de mes connaissances ont souffert. J’ai eu relativement de la chance au cours de mes différents voyages pour n’avoir pas à subir un événement traumatisant.

 

Les quelques déboires que j’ai pu avoir, ce sont révélés être des expériences dont je ris plus aujourd’hui que je n’en pleure. Il en reste que malgré la mondialisation et les multiples possibilités de se sentir chez soi ailleurs, il ne faut jamais oublier qu’on s’adapte à un autre pays, à une autre culture.

 

Il arrive que le choc survienne bien plus tard au cours de notre séjour qu’au cours des premiers mois de voyage ou même d’expatriation. Le monde s’est tellement banalisé — cela ne veut pas dire que voyager ne sert plus rien —, loin de moi cette idée !

 

Cela veut seulement dire que ce qui pouvait apparaître par le passé comme évident et parfaitement marquant est bien plus diffus aujourd’hui, un élan bien plus obscur qui est plus difficile à définir et interpréter.

 

Cela n’en rend le voyage que plus excitant !

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