écriture histoire

L’histoire et l’écriture – Première partie

Comment les livres de Fantasy s’inspirent de notre histoire ?

C’est en repensant à une précédente lecture que je me suis dit que ce serait un bon sujet d’article. Comme vous vous en doutez après avoir lu mes quelques articles, j’ai un penchant profond pour l’histoire. Je suis d’ailleurs diplômée d’une licence d’histoire.

 

Il y a tellement d’éléments dans cette discipline. Des événements pourraient être le sujet de parfaits romans s’ils n’en étaient pas moins réels. C’est vrai après tout, le terme même d’Histoire est particulièrement représentant. On utilise l’Histoire avec un grand H pour parler des événements historiques et généraux qui ont bercé l’humanité. Par contre, on utilise le terme histoire, avec un petit h pour parler des différents récits de fiction ou réel. Ceux-ci nous permettent de développer notre imagination.

 

Si je fais autant d’articles dans cette catégorie c’est en partie parce que celle-ci m’inspire. Elle m’aide à mettre mes idées à plat, à comprendre sur quelle voie je veux lancer mon histoire. Surtout, lorsque je m’aventure dans les tréfonds de la fantasy. Eh oui, je crois sincèrement que les romans historiques ne sont pas les seules fictions qui s’inspirent de faits réels.

 

Il y a tellement d’autres auteurs et surtout dans mon domaine de prédilection qu’est le fantastique et la fantasy. Ils s’intéressent à l’histoire et aux différents événements qui pourraient ajouter soit du piment soit des rebondissements à notre lecture. Alors, lançons-nous dans cet article traitant des livres de fantasy et de leur inspiration.

Au-delà des livres historiques

Comme mentionné dans mon introduction, ceci est une évidence. Les livres de fiction à tendance historique s’inspirent forcément de notre histoire. Certes, ils choisissent de garder une certaine liberté quant à cette inspiration.

Les partisans historiques

 

Je prends l’exemple de Ken Follett. Vous devez forcément connaître cet auteur : Les piliers de la Terre d’abord puis la Chute des Géants pour un autre. Pour être honnête, les romans historiques sont rarement mes lectures favorites. J’y retrouve toujours un besoin de véracité et une tendance à la description qui finissent par m’ennuyer.

 

Le cas le plus récent que je retrouve, devrait être Salammbô de Flaubert. Alors, certes, c’est un livre magnifique et on s’enivre des parfums et des splendeurs de l’Afrique mais, il y a aussi un côté passif.  J’en avais d’ailleurs parlé dans ma chronique. L’auteur passe énormément de temps à décrire l’environnement de son histoire. Il faut reconnaître que c’est un auteur du XIXe siècle. On n’écrit plus de la même manière au XXIe siècle.

 

Cependant, je l’ai aussi ressenti dans d’autres fictions historiques que j’ai pu lire. Bien que j’ai adoré lire les Piliers de la Terre, je dois reconnaître que je garde certains passages en mémoire pour le côté un peu longuet des descriptions.

Le volume des Rois Maudits

 

Néanmoins, les romans historiques ont quelque chose d’épique et d’incroyable. On se prend à se lancer dans leur histoire avec l’idée de comprendre mieux notre Histoire. Bien sûr, les faits sont souvent romancés. Prenons l’exemple des Rois Maudits ? Cette série est tout à fait incroyable. Elle nous transporte dans notre Histoire au cours de la succession de Philippe IV dit le Bel, roi de France.

 

Ecrits par Maurice Druon entre 1955 et 1977, on peut parler ici d’une véritable épopée romanesque. Pourtant, les morts successives des différents rois de France, et les déboires de l’Europe ont bien eu lieu. C’est un véritable petit morceau de paradis où on retrouve un semblant d’histoire fantastique. Je parle ici de la malédiction lancée par le grand maître du Temple Jacques de Molay sur le roi de France Philippe IV le Bel, le pape Clément V et Guillaume de Nogaret.

 

Il y a tout un développement autour des affaires politiques et successorales en France. Les nombreuses intrigues rendent le roman de fiction historique autant captivant qu’incontournable. Bien sûr, Maurice Druon n’a pas oublié d’ajouter un peu de romance de-ci de-là. Il y a aussi des histoires annexes bien plus fictives. Tout cela reste un véritable travail de fiction historique.

Un besoin de réalisme

 

Il y a bien entendu d’autres auteurs qui se sont lancés dans de telles réalisations. Pour être honnête, je crois que l’écriture d’un roman historique doit demander de sacrées heures de travail. J’ai souvent remarqué que les auteurs recherchaient à appliquer un caractère de véracité à leur roman. Une bonne manière de le faire, c’est grâce aux descriptions soignées de l’environnement.

 

C’est intéressant de voir combien, bien que nous nous lancions régulièrement dans la lecture de fiction — en tout cas c’est bien mon cas —, on a toujours l’envie au fond de nous de lire quelque chose qui pourrait être véridique. J’ai beau avoir les mêmes valeurs que Pierre Lemaître à ce propos. La fiction en elle-même peut bien s’éloigner de la réalité, on a toujours tendance à se rattacher à notre environnement. Dans le cas des romans historiques, c’est à l’histoire elle-même.

 

C’est l’une des raisons pour lesquelles certains lecteurs ont des réticences à se lancer dans le genre de la fantasy. Ils ont peur de se lancer dans un monde si éloigné du nôtre qu’ils pourraient s’y perdre. Néanmoins, la fantasy, tout comme le genre de fiction historique, est aussi inspirée par notre Histoire.

Un univers de réalisme magique

C’est sans aucun doute le genre littéraire que je préfère, la fantasy, la science-fiction peut-être aussi. C’est un genre qui me transporte. Je m’extasie toujours devant la capacité des écrivains à créer leur monde de toute pièce. Pourtant, ces univers sont loin d’être aussi dénués de réalisme qu’on pourrait le croire.

Deux ans, huit mois et vingt-huit jours

 

Cela me renvoie à une chronique que j’ai faite récemment sur le roman de Salman Rushdie : Deux ans, huit mois et vingt-huit jours. L’auteur est un fervent écrivain d’un genre qu’on peut qualifier de réalisme magique. On retrouve cette patte dans ce roman. A travers l’originalité du propos, l’auteur nous entraîne dans un conte qui semble se dérouler à notre époque. Il est vrai que celui-ci est éloigné dans le temps.

 

Il nous entraîne dans le monde des contes et des légendes — le parallèle n’est pas anodin entre les contes des mille et une nuits et le titre même du livre. On retrouve les êtres fantastiques qui peuplent les légendes arabo-musulmanes : les jinns, ces êtres de feu et de fumée.

 

On s’aventure déjà, dans les pages de ce livre, à travers un monde qui n’est plus réel, qui est un véritable défi de rêves et de créativité. L’auteur conserve tout de même un point d’ancrage avec Manhattan. Il tente de nous leurrer, de nous perdre dans un monde magique tout en nous raccrochant à une relative réalité. C’est sans doute ce que j’ai aimé dans ce livre, et il s’inscrit parfaitement dans ce réalisme teinté de magie.

G.R.R Martin et la guerre des deux Roses

 

Bien sûr, je ne pouvais pas vous parler de fantasy et d’inspiration historique sans vous parler d’un des génies de la littérature de fantasy épique : G.R.R Martin. Bien qu’il soit clair que A Song of Ice and Fire ne soit pas inspiré de notre histoire, les thèmes que l’auteur aborde et surtout les différents conflits qui existent au sein de son monde sont largement inspirés de faits réels et notamment de l’histoire anglaise.

 

Vous connaissez la guerre des Deux Roses ? C’est une période d’affrontements et même de guerre civile qui a agité l’Angleterre au cours du XVe siècle, opposant la maison royale de Lancaster à celle de York. On l’appelle la guerre des deux Roses car l’emblème des deux maisons était une rose, rouge pour les Lancaster et blanche pour York.

 

Comme quoi, il n’y a pas qu’en France que les affrontements pour la succession sont aussi virulents ! C’est de cette guerre civile que la dynastie des Tudors est d’ailleurs instituée avec l’avènement au trône de Henri VII. Dans tous les cas, c’est une inspiration qui se ressent dans les écrits de Martin.

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Autres œuvres

 

Ce n’est pas la seule œuvre qui reprend une inspiration historique, et bien que souvent les auteurs soient les maîtres absolus du monde qu’ils créent, ils ont eux aussi besoin d’inspirations, aussi bien historique que littéraire. J’aime bien me lancer dans la découverte de l’inspiration d’un auteur ; cela m’aide, d’abord en tant que rêveuse mais aussi en tant qu’écrivain.

 

Je retrouve en tout cas des faits que l’on peut relier de près ou de loin à des événements historiques dans les récits et les histoires de Robin Hobb ou même de Fiona McIntosh. Deux maîtresses de la fantasy qui savent nous transporter dans des mondes à part.

 

Par exemple, avec sa série de l’Assassin Royal, Robin Hobb avait certainement eu une inspiration des invasions vikings qui ont agité l’Europe du VIIIe au XIe siècle. De même pour Fiona McIntosh et sa série Valisar qui retrace une invasion barbare qui pourrait nous faire penser aux invasions monghols d’Europe de l’Est. Cela me rappelle d’ailleurs la série de fantasy Chimeterre, l’Aurochs rouge. Pourrait-il bien être apparenté à un des grands chefs monghols. Gengis Khan cela vous dit quelque chose ?

La passion de l’histoire

Vous l’aurez compris, j’ai une certaine passion pour l’Histoire. Cette discipline reste un terreau propice à toutes mes envies d’écriture, bien que je sois en ce moment occupée à un autre genre littéraire…

Un ancrage dans le réel

 

Ce que j’aime le plus avec l’histoire, c’est la multiplicité des genres que nous pouvons aborder grâce à celle-ci. Nous n’avons pas à nous cantonner uniquement aux récits historiques, non, nous pouvons nous éloigner de celui-ci pour tenter l’aventure du fantastique ou encore de la fantasy.

 

Elle nous permet de conserver une part de réel bien que passé dans un univers qui reste complètement déconnecté de notre réalité. C’est un jeu de dupe en quelque sorte entre l’auteur et ses lecteurs. L’auteur nous fait croire à travers des descriptions réalistes au pragmatisme de son monde tout en nous entraînant sur une pente du rêve et de l’imagination.

 

Après tout, n’est-ce-pas le propre de la littérature, nous transporter, nous faire voyager et nous faire rêver ? Autant s’éloigner au maximum de nos petites vies qui sont bien souvent étriquées pour nous lancer dans des mondes inexplorés !

Plus d’imagination et de magie

 

Personnellement, je me suis lancée dans l’exercice de l’écriture avec de la magie plein la tête. Cela fait des années que j’écris, bien avant d’avoir publié ce premier roman Éveil. J’avais déjà écrit une série de huit livres traitant de sorciers, de magie, de Bien et de Mal. Personne ne l’a jamais lu, et je suis certaine que personne ne la lira 🙂

 

Je n’avais que quinze ans à l’époque, et j’étais passionnée par le monde de Harry Potter, de la Croisée des Mondes et du Seigneur des Anneaux. Ils étaient mes livres de prédilection. Certains le sont encore aujourd’hui. Sauf que le dernier livre de la Croisée des Mondes m’a tellement déçue que je ne me risque plus à la lecture de Philip Pullman…

 

Pourtant, à la fin de cette octalogie — si cela se dit —, je n’avais pas envie de me lancer dans un récit aussi éloigné du réel, aussi perdu dans l’imagination et le rêve. Je voulais écrire quelque chose de plus concret, de plus terre à terre, tout en gardant une part de fantastique dans celle-ci. C’est seulement à ce moment que j’ai pensé aux Trois Empires.

 

Une petite aparté, le nom Trois Empires m’est venu vraiment, vraiment, vraiment plus tard, quand j’ai commencé à terminer ce premier roman d’ailleurs !

Aller encore plus loin…

 

Cela me fait penser que la prochaine série un peu fantastique que j’écrirais ira sans doute plus loin que cette première tentative. Après tout, pourquoi pas me lancer dans un récit de magie, de pouvoir et d’ensorcellement. Je n’ai pas d’idée encore bien définie pour le moment, et je réfléchis à une série qui sera sans aucun doute autre.

 

C’est, pourtant, une question que je me pose, comme on m’en a fait la réflexion plusieurs fois, à propos des Trois Empires, il n’y a pas tant de fantastique dans ce livre que de faits pouvant être réalistes. Je n’ai pas envie que mon livre soit complètement dénué de réalité, j’aime garder une part de véracité, moi aussi, dans ce que j’écris.

 

Nous verrons au fur et à mesure que j’écrirai et que je partagerai avec vous les différentes œuvres que je produirai, en espérant que cela dure encore longtemps !

Conclusion

Quoi dire de plus à tout cela ? Pas grand chose… Pour moi, l’histoire reste et restera toujours une véritable source d’inspiration à la réalisation de mes œuvres. Certes, cette histoire peut être inscrite dans la durée, comme lors de la réalisation des Trois Empires, ou bien elle peut traiter de faits plus actuels. Je parle ici de mon prochain roman : Affaires Nocturnes.

 

Cette fois-ci, ma volonté se veut d’impliquer une certaine actualité à mon propos, ancrer mon récit dans un monde contemporain et familier. Cela reste pourtant une part d’histoire et de véracité, car je vais devoir me plier à bien plus de rigueur et de vérification qu’au cours de ma rédaction des Trois Empires. Un challenge que j’accepte avec joie.

 

Il en reste que les romans historiques ne sont pas les seuls livres qui soient inspirés par des faits historiques. On retrouve dans de nombreux romans de fantasy, des thèmes et des conflits qui ont pu, en vérité, régir notre monde à une certaine époque. Cela en devient presque un jeu, si vous le souhaitez, vous pouvez chercher à trouver l’inspiration de l’auteur et d’où leur est venu toutes leurs idées.

 

A vous de voir, comment aborder votre prochaine lecture !

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