Feu & Sang

Feu & Sang : Partie I de George R.R. Martin

Une histoire fictive

« Feu & Sang : un nouveau livre de George R.R. Martin ! Joie ! Ce n’est pas le sixième tome du Trône de Fer, certes, mais c’est presque aussi intéressant.  » Allison, Babelio

 

Westeros, cet univers incroyable des Sept Couronnes, gravite autour d’un même trône. Un trône construit à partir des épées des vaincus de la conquête. Un trône autour duquel, G.R.R. Martin a bâti son intrigue, ses complots et ses trahisons. Ne vous y trompez pas, l’univers du trône de fer est un monde impitoyable. Un univers où notre héros principal est exécuté en fin de premier roman.

 

Pourtant, ici, ce n’est pas l’histoire des Stark qui nous intéresse, ni celle des Lannisters. Quoi qu’elle soit bien en arrière plan. Non, ici, nous revenons aux dragons : aux Targaryens. À travers une histoire fictive, G.R.R. Martin se fait traducteur d’une histoire imaginaire, suivant la succession sur le trône de fer des différents rois Targaryens.

 

Dans ce premier volume, nous en apprenons plus sur la conquête de Westeros par les Targaryens. Cela implique Aegon le Conquérant, et ses sœurs épouses Visenya et Rhaenys. Son règne est suivi par ceux de ses fils, tout d’abord Aenys puis Maekor.  Jaehaerys Ier, qui régnera le plus longtemps sur Westeros, prendra la suite de son oncle avec son épouse-sœur Alysanne.

 

Ne vous attendez pas à lire un roman ici — tout est dans le titre de cette chronique — G.R.R. Martin retranscrit les mots d’un mestre. C’est une histoire qui suit des faits, des chroniques et des journaux intimes. Comme l’avait si bien dit Indiana Jones dans les Aventuriers de l’Arche Perdue : « l’histoire est un récit de faits et non de vérité. »

Un peu plus sur l’auteur et son œuvre

Je n’ai pas vraiment besoin de vous présenter G.R.R. Martin. De toute façon, vous allez en entendre parler tout votre saoul au cours des prochaines semaines. (la série du trône de fer reprend son ultime saison en avril 2019) L’homme à l’origine de cette histoire fantastique cherche tant bien que mal à finir sa série littéraire. Y arrivera-t-il ? C’est une question que je me pose — je ne pense pas être la seule d’ailleurs.

 

Après tout, comment peut-on finir un travail sur lequel on s’est investi pendant deux décennies dont la fin a déjà été racontée ? Oui, oui, je sais vous allez me dire que la série a grandement dévié de l’idée originale… Bien sûr… Je ne suis pas sûre que celle-ci se soit tant éloignée. Bref, je comprends bien le dilemme de Martin et son envie d’écrire autre chose sur son univers. Ceci expliquant cela… Rien d’étonnant qu’on retrouve un autre volume sur l’univers déroutant qu’il a construit !

Parlons un peu de cet auteur à présent. George R. R. Martin est un auteur américain de fantasy, de science-fiction et d’horreur. Il est aussi scénariste et producteur. Reconnu à l’international pour sa série de romans A Song of Ice and Fire. D’ailleurs, c’est sans aucun doute cette série littéraire qui lui a véritablement donné son impulsion internationale.

 

Martin a reçu de nombreux prix au cours de sa carrière pour son œuvre prolifique. Cela inclut ses romans et nouvelles ainsi que ses scenarii. Parmi ses nombreuses récompenses, on compte plusieurs Hugo Award et Locus Award pour ses premiers romans. Il a reçu World Fantasy Award for Life Achievement en 2012. Il compte aussi comme récompense deux Primetime Emmy Award for Outstanding Drama Series pour la production de la série Game of Thrones. (saisons 5 et 6)

Un os à ronger

Bon, c’est un os à ronger, ce livre. Il ne s’adresse en vérité qu’aux convaincus, aux fans incontestés, aux impatients du Trône de Fer, aux mordus, aux aliénés, aux fanatiques, aux désespérés de voir un jour Winds of Winter apparaître dans les ventes en librairie. Serait-ce bientôt ? Certainement pas, cela fait des années maintenant qu’on imagine que ce sera pour bientôt, depuis 2016, je crois… Soyons clairs. Ce n’est pas pour toute de suite.

 

Surtout, quand on voit qu’il commence une nouvelle série, ce préquel Feu et Sang. Je vous avais parlé d’un autre roman au sein du même univers : Les Chroniques du Chevalier Errant. C’était aussi un moyen de garder une connexion à cet univers. L’histoire y était aussi quelque peu inachevée.

D’un côté, les éditeurs ont bien fait de couper le roman original en deux. On a l’impression de pouvoir suivre l’histoire des Targaryens et de pouvoir se mettre quelque chose sous la dent. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas l’histoire incroyable de Dany, Jon, Arya & co. C’est une sorte d’ersatz qui s’adresse aux aficionados.

 

Je ne vous conseille pas de vous lancer dans sa lecture si vous n’êtes pas passionnés par le trône de fer. Cela ne vous servirait à rien. D’autant plus que le style du livre n’est pas celui du roman, mais de la chronique historique.

Une mise en place compliquée

En vérité, c’est un style très particulier qu’a utilisé Martin. Un style que j’avais même envisagé pour la chronique des Trois Empires. Un temps, j’avais eu envie de présenter mon histoire à travers le point de vue de différents faux historiens, je trouvais l’idée originale et intéressante. Au final, je suis revenue à un format plus « basique » celui du roman.

 

« Au fil des trois cents dernières années, les mestres de la Citadelle, qui contiennent les chroniques de Westeros, ont utilisé la Conquête d’Aegon comme pierre de touche. »
Extrait de Feu et Sang : première partie

 

Ai-je manqué d’originalité ? Peut-être. Quoi qu’il en soit, Martin, pour sa part, ne se fait que le rapporteur de la chronique d’un des mestres de la Citadelle. C’est un genre différent éloigné du roman qu’il faut savoir appréhender avant de vous lancer dans sa lecture. Ici, peu de dialogues, peu de réflexions personnelles, seulement les faits et les quelques racontars que le mestre met bien malgré lui dans sa chronique.

Il est vrai que le début est assez difficile à se mettre en place. On lit avec quelques réticences les pages, bien que la conquête de Westeros paraisse être une phase importante et passionnante. C’est finalement en deuxième partie de roman que je me suis vraiment prise au jeu, et particulièrement avec le couple Jaehaerys / Alysanne.

 

J’ai même eu quelques belles surprises en comprenant qu’ils étaient à l’origine de beaucoup de faits qui surviendront ensuite au cours des événements du Trône de Fer. On assiste, de fait, à un vol de trois œufs de dragons, seraient-ils ceux de Danaerys ? J’attends de lire la suite pour vous le révéler.

Feu & Sang : Devise des Targaryens

Ensuite, il y a cette histoire fantastique. Et j’utilise cette adjectif dans le sens de l’extraordinaire. L’histoire des Targaryenne est riche de conflits, de trahison et de violence. J’attends avec impatience de pouvoir découvrir la Danse des Dragons dans le prochain tome ou encore l’épisode de Daemon Feunoyr.

 

Vous ne comprendrez pas vraiment ce que je vous raconte si vous n’avez pas éplucher l’histoire du Trône de Fer, mais c’est pour vous faire comprendre l’étendue du travail de Martin, justifiant bien à quel point je peux comprendre la frustration et la difficulté avec laquelle il travaille actuellement sur les derniers volumes du Trône de Fer.

Bien entendu, ceci n’est que ma propre interprétation, et un ressenti bien personnel, mais si je me mets à sa place, c’est vraiment ce que j’aurais ressenti. Pas vous ? Comment réagirez-vous si vous voyez le travail de décennies raconté par un autre avant que vous ne puissiez la terminer ? C’était un risque à prendre quand il a signé l’adaptation de son roman, mais tout de même qu’est-ce que cela doit être écœurant…

 

Revenons à nos moutons, j’avais hâte d’en lire plus sur la conquête et sur les Targaryens en général. J’ai adoré voir comment Martin abordait surtout le travail inhérent du souverain et surtout son conflit avec la Foi des Sept. En sachant que les Targaryens pratiquent l’inceste, on lit le conflit entre les deux pouvoirs au sein de ses pages.

Un univers démesuré

J’avais déjà remarqué l’étendu du travail de Martin dans ses précédentes œuvres et plus particulièrement dans les Chroniques du Chevalier Errant, qui, je dois bien l’avouer, avaient été difficiles à lire. Ici, il limite un peu plus le nombre de personnages, mais on retrouve tout de même la démesure de Martin dans les lieux, les histoires et les babillages du mestre.

 

Moi-même écrivain et faiseuse d’histoires, je suis subjuguée par le travail de cet auteur et son art du détail. C’est incroyable qu’il ait réussi à construire un tel univers, avec autant de précision et de semblant de vérité. On se prend au jeu, on a presque l’impression de lire une chronique historique d’un monde réel. Les guerres intestines, les conflits armés, les trahisons, les assassinats, les échecs, tout est parfaitement retranscrit ici. On s’immerge un peu plus dans cette chronique historique fictive. Un bien bel oxymore…

Envie de découvrir mon premier roman Trois Empires — Éveil ?

« Seize Targaryens suivirent Aegon le Dragon sur le trône de fer, avant que la dynastie ne soit finalement renversée par la Rébellion de Robert. Ils comptèrent parmi eux des sages et des fous, certains cruels, d’autres doux, des bons et des mauvais. Cependant si l’on considère les rois-rois-dragons que sur la base de leurs héritages, des lois, des institutions et des améliorations qu’ils ont laissées derrière eux, le nom du roi Aegon Ier figure près du sommet de la liste, dans la paix comme dans la guerre. »
Extrait de Feu et Sang : première partie

Les entrelacements des autres œuvres de Martin

Comme vous avez dû vous en douter, je suis une fan de cette série. C’est vrai que la série télévisée a bien aidé à développer cet univers et surtout mon appréhension de celui-ci. Les livres, au début, j’ai eu un peu de mal à me mettre dedans, trop de personnages, et pourtant, j’aime développer des histoires où il y a de nombreux personnages. Mais, ici, on ne joue pas dans la même cour, on parle ici d’un univers où Martin retranscrit les noms de chaque banneret de chaque banneret de chaque grand seigneur de Westeros.

 

Cela vous donne un petit aperçu de la dimension énorme et incroyable du travail de Martin. C’est un travail colossal qui demande du temps et un investissement, justifiant d’une certaine manière son besoin d’années avant de pouvoir publier son travail…

Je ne m’étendrais pas à nouveau sur ce sujet déjà abordé. J’ai beaucoup aimé retrouver dans les lignes de Feu & Sang des références au Trône de Fer, bien évidemment, mais aussi dans les Chroniques du Chevalier Errant, puisque nous assistons, dans ce dernier volume, à l’histoire d’Aegon V.

 

Les passages subtiles sur ces autres volumes sont parfaitement abordés sans faire d’anachronisme. Ils apportent une autre saveur au récit et surtout ils permettent de redonner un certain dynamisme à la lecture quand on se perd dans tous les noms de nos chroniqueurs et de cette royauté.

Conclusion

Ainsi, fanatique du Trône de Fer et de toute lecture à vous mettre sous la dent pour combler votre manque de A Song of Ice and Fire, ou encore dans l’attente de la dernière saison de Game of Thrones, vous aurez la joie de découvrir ce premier tome d’une nouvelle saga sur l’univers de Westeros.

 

Attention, cependant, parce qu’ici Martin ne vous offre pas un roman mais bien une chronique historique fictive retraçant la conquête Targaryenne, les problèmes dynastiques et les problèmes politiques que les différents rois-dragons vont pouvoir rencontrer au cours de leur règne.

 

Ce livre reste tout de même facile à lire après que nous nous soyons lancés dans sa lecture et passés les pages de la Conquête qui, contrairement à ce qu’on pourrait croire ne sont pas les plus passionnantes du récit.

 

De fait, j’ai beaucoup aimé l’histoire de Jaehaerys et d’Alysanne, cette reine qui a réussi à apporter de nouvelles choses au sein même du royaume des Sept Couronnes. J’ai adoré comprendre pourquoi un des château de la Garde de la nuit se nommait Porte-Reine. C’était sans doute l’un des rois que je connaissais le moins de tous les Targaryens, et j’ai beaucoup aimé découvrir son histoire. Hâte d’en savoir plus sur sa succession et la mort des Dragons…

 

« Pour tout dire, j’ai eu un peu peur au début de trouver lassant ce gros volume puisqu’il n’y a presque pas de dialogues, uniquement de la narration. de plus, on nous abreuve de noms de personnages, de dates. J’ai donc bien cru m’y perdre un moment, mais c’était sans compter sur le talent énorme de George R.R. Martin (et de son traducteur Patrick Marcel) qui m’a tellement passionnée que finalement, j’ai lu ces chroniques d’une seule traite »
CocoMilady, Babelio

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