Culte celtique

Le culte celtique continental

Un petit aperçu d’un culture de la nature

Bien qu’originaire de Normandie, comme vous avez dû le comprendre, j’ai des racines bretonnes. Vous me direz à quelques kilomètres des uns et des autres, normal qu’il y est un peu de migration. Mes grand-parents ont vécu toute mon enfance en Bretagne — Dinard, Saint Lunaire, Saint Briac, vous voyez le topo.

 

Bien que sur la côte de la Manche, je me passionnais pour les contes et mythes celtiques, la forêt de Broceliande, les fées, les gnomes et tous ces petits êtres qui nous laissent rêveurs, surtout enfants. C’est un univers, en plus, méconnu, on a peu d’informations sur les cultes celtes que ce soit en ce qui concerne le continent ou encore les cultes présents sur les îles bretonnes.

 

Pour ma part, je m’intéresse ici, seulement au culte celtique concernant le continent et donc les gaulois dans une vaste majorité. La plupart des faits que nous avons aujourd’hui proviennent de leurs contemporains romains. Ils sont assez biaisés ou largement inspirés de la propre religion polythéiste de l’empire romain.

 

Nous parlerons donc, dans un premier temps de la base du culte celtique puis de la comparaison entre le panthéon greco-romain et enfin de la survivance des cultes dit « païens. »

Un culte basé sur la nature

Pourquoi est-ce si difficile d’étudier la religion gauloise ? Simplement parce qu’une sorte d’animisme gouvernait la religion gauloise. Il n’y avait pas de représentation figurée.  Il y a peu de représentation des forces qu’ils vénéraient. Bien sûr, il y a aussi l’idée que la Gaule d’alors n’avait pas qu’une seule religion. On transmettait la tradition seulement à l’oral.

Le culte des eaux

 

En ce qui concerne les cultes des gaulois celtes, ceux-ci divinisaient les sommets des mont comme ceux du Ger ou des Basses-Pyrénéens. On peut aussi parler du puy de Dôme et de son dieu titulaire Dumias. À partir des monts, les gaulois vénéraient particulièrement les eaux comme les fleuves, les fontaines et les sources.

 

Une appellation fréquente des rivières contenait les termes Diva, Deva, Devona signifiant « la divine ». On retrouve d’ailleurs ces appellations dans les noms actuels de certaines rivières : Dive, Divone ou encore Deheune. Les gaulois étaient très attachés à leurs sources. De fait, nous le voyons à la proportion des gaulois de Belgique portant le nom de Rhenogenus (fils du Rhin)

 

Parmi les sources et les divinités caractéristiques des eaux, on retrouve surtout la déesse Epona. Un cheval l’accompagnait. Ils formaient un duo inséparable. Ses attributs étaient la corne d’abondance et des fruits. Elle était la déesse de l’abondance agricole.

Le culte des arbres

 

Aux côtés de l’eau, ils vénéraient aussi les forêts. Ils adoraient les arbres et les bois. Vosegus fut d’ailleurs le dieu tutélaire des Vosges sylvestres comme Ardvina, la nymphe des Ardennes. Les gaulois semblaient vénérer plusieurs arbres qu’ils considéraient comme des dieux. Le chêne reste le dieu suprême des gaulois.

 

« C’est dans les bois de chênes que les druides ont leurs sanctuaires »
Pline l’Ancien (Histoire Naturelle)

 

C’est un peu l’arbre sacré par excellence, surtout quand il est inclus dans l’accomplissement des rites sacrés. Par exemple la présence du gui dans l’arbre est considéré comme représentant le dieu, amenant ainsi les druides à réaliser une grande cérémonie où ils sacrifiaient deux taureaux blancs, avant de monter dans l’arbre et coupe avec une faucille d’or le gui. Cela ne vous rappelle rien ? Un petit album d’Astérix ?

 

De plus, on conserve encore aujourd’hui dans certaines régions, un respect pour les feuilles de chênes. On le considère comme un porte-bonheur, cette tradition est encore plus présente Outre-Manche.

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Le culte des animaux

 

Après l’eau, les arbres, les gaulois avaient aussi une certaine vénération pour certains animaux comme le cheval, le corbeau, le taureau ou encore le sanglier étaient considérés comme des animaux sacrés. Certaines villes portent même leur nom, comme Lyon, qui s’appelait Lugdunum dans l’antiquité, venant Lugos (corbeau).

 

Dans les Ardennes, les gaulois vénéraient le sanglier, alors que les Helvètes, surtout autour de Berne, adoraient la déesse Artio, représentée par un ours. Cependant, l’animal qui semble avoir reçu le culte le plus important, c’est le taureau.

 

Cet animal était le symbole de la force, et de la puissance génitrice. Le taureau est souvent d’ailleurs divinisé au cours de l’antiquité, de fait, on le retrouve dans d’autres mythologies comme avec le taureau crétois. Après l’exhumation d’un autel à Paris, on retrouvait la gravure d’un taureau debout près d’un arbre.

 

Il y a de nombreuses représentations de divinités étaient celle d’un taureau.

La comparaison avec le panthéon greco-romain

Comme mentionné dans l’introduction, nous avons peu de source concernant la religion celtique et surtout les cultes gaulois comme ils transmettaient leurs traditions oralement. Les sources principales de la culture gauloise nous viennent d’auteurs romains comme la mention de Pline l’Ancien quelques phrases plus haut. Il y a une large comparaison entre le panthéon romain et le panthéon gaulois.

Une triade gauloise

 

Il existe au sein du panthéon gaulois, une triade gauloise. Au sein de celle-ci on retrouve trois dieux primordiaux : Esus, Taran et Teutatès (ou Toutatis)

 

Esus

 

Principalement vénéré par les tribus du nord de la Gaule comme les Parisii, il serait à l’origine de tous les autres dieux. Esus est généralement considéré comme « un dieu meurtrier, celui qui inspire les combats et fait rage dans les batailles » Jullian.

 

Pour confirmer la violence du dieu, sachez qu’on immolait tous les ennemis à son attention, soit au cours du combat ou à la suite de celui-ci. Aussi, le sacrifice qu’on lui dédiait le plus souvent était celui de pendre une victime dans un arbre.

 

Taran

 

Moins connu que Teutatès, Taran était le dieu du tonnerre, la divinité des orages, de la foudre et de la pluie. C’est sans doute celui qu’on peut associer au Jupiter des romains.

 

Teutatès

 

Enfin, le dernier dieu de cette triade, et sans doute le plus important. Il est considéré comme le père du peuple, le dieu de la tribu. Selon Jullian, déjà précédemment mentionné, Teutatès, serait « le dieu national des Gaulois, avait été à la fois leur ancêtre et leur législateur ; il était le gardien, l’arbitre et le défenseur de leurs tribus. »

La Mère au centre des cultes

 

Les gaulois vénéraient aussi une déesse-mère, en parallèle de leurs dieux fondateurs. Elle serait la mère commune, une terre génératrice d’où naissent les hommes, les animaux et les plantes. En parallèle, on la considérait aussi comme la gardienne du séjour des morts.

 

On retrouve son effigie, en tout cas, ce qui semble être son effigie dans les grottes néolithiques du Petit Morin — la Marne. Les sculptures présentent alors des formes féminines pourvues de colliers et d’une ceinture. Elle est le symbole de la fécondité humaine.

 

On retrouvait d’ailleurs ce culte féminin aussi dans le culte de divinités moindres mais populaires des « matres » ou « matrona ». Souvent par groupe de trois, elles protégeaient les sources, comme les matres nemausicae de Nîmes.

Quelques dieux

 

Belisama

 

J’ai choisi cette déesse surtout pour la référence à la BD d’Astérix, puisqu’elle est souvent mentionnée, pourtant son culte est bien plus domestique puisqu’elle représente le feu domestique.

 

Elle était aussi chargée de l’artisanat du métal et du verre. C’est la déesse des forgerons dans son aspect guerrier.

 

Lug

 

Symbolisé par la lance, la harpe ou encore le sanglier. Jules César dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules, l’assimile souvent au dieu romain Mercure. Il pense même qu’il doit être le plus haut dieu gaulois :

 

« le dieu qu’ils honorent le plus est Mercure : ses statues sont les plus nombreuses, ils le considèrent comme l’inventeur de tous les arts, il est pour eux le dieu qui indique la route à suivre, qui guide le voyageur, il est celui qui est le plus capable de faire gagner de l’argent et de protéger le commerce. »

Conclusion

Pour le moment, je ne parle que la culture celtique continentale et particulièrement celle de la France, un peu moins de la Suisse ou encore de la Belgique. Je ne parle pas ici de la culture celtique qui baigne les îles bretonnes.

 

C’est difficile de vraiment savoir quelles sont les divinités des gaulois et leur culte. On a peu de sources, la plupart venant des auteurs latins ou même des commentaires de Jules César. Les gaulois ne transmettant rien à l’écrit et tout à l’oral, il y a bien quelques objets archéologiques qui nous restent avec la représentation de quelques divinités celtiques.

 

Cependant de nombreuses sculptures et gravures celtiques ont été remplacées par des images chrétiennes, comme le visage des dieux gravé dans les arbres qui sont devenus des représentations de la Vierge Marie.

 

En attendant, la culture gauloise et la religion celtique se basaient principalement sur un modèle animiste et un culte de la nature, notamment des eux, des arbres et des animaux. Un domaine qu’il me faudra étudier plus en profondeur.

 

Mythes et Mythologies, Félix Guirand et Joël Schmidt, Larousse In Extenso, 2008.

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