Cassandre chapitre 4

Cassandre — Chapitre 4

Bonjour à tous ! 

 

Voici, la suite des aventures de Cassandre. De fait, je vous laisse découvrir le quatrième chapitre de cette nouvelle. Si vous n’avez pas lu les premiers chapitres de celle-ci, vous pouvez les découvrir ici ! 👇

 

Chapitre 1 
Chapitre 2
Chapitre 3

 

Je les travaille toujours sur Scribay, avant de les publier sur mon site web. Bonne lecture !

Chapitre 4

Il attrapa le scientifique à la gorge le propulsant contre les parois capitonnés de la chambre. Les deux militaires restèrent un temps pétrifiés devant la violence de son acte. Ils ne tardèrent, pourtant, pas à sortir leurs armes pour le mettre en joue. Néanmoins, Cassandre était trop rapide.

 

Avant qu’ils ne puissent actionner la détente, ils se retrouvèrent à leur tour projetés contre les murs de la pièce capitonnée. Montant sur les barreaux de son lit comme un véritable rapace, Cassandre se jeta sur le plus proche pour lui déchirer la gorge. Il n’était pas question de repas, ici, seulement de tueries. Il savait qu’il devait être rapide, suffisamment pour que l’alarme soit déclenchée trop tard pour lui permettre d’éradiquer chaque personne, chaque échantillon qu’on avait pu lui prendre.

 

Il exécuta avec violence l’autre militaire ainsi que le scientifique qui s’était souillé face à la peur que lui inspirait cet homme inhumain. La porte de la chambre se referma brutalement, alors qu’une alarme sonnait déjà dans le bâtiment.

 

Cassandre ne s’appesantit pas sur celle-ci, il fit un rapide état des lieux de la base militaire, recensant le moindre interstice, le moindre mètre carré qu’il allait devoir ratisser et détruire. Le bâtiment était immense, s’étendant sur plusieurs niveaux. Même pour lui, cela lui prendrait du temps. Il fallait qu’il soit minutieux et vif, s’il voulait anéantir jusqu’au dernier indice avant que les renforts ne leur soient envoyés.

Sans perdre une seconde, il détruisit la porte, découvrant un long couloir où il n’était plus question de lumière blanche d’une pureté maladive, mais d’un néon rouge qui plongeait celui-ci dans une alternance d’obscurité et de vivacité écarlate. Un sourire aux lèvres, Cassandre ne put s’empêcher d’en éprouver une joie, il était un monstre de la nuit, les ténèbres étaient son élément premier. Loin d’être un désavantage, il se retrouvait sur un terrain qu’il connaissait, activant son instinct de chasseur.

 

La suite fut un mélange de peur, d’angoisse, de joie, de folie et de sang. Un liquide rouge vif lui coulait aux coins des lèvres autant que le long des murs qu’il tâchait en égorgeant. Il tailladait et écrasait les gorges, les visages et les crânes de chacune des personnes encore présentes sur la base.

Femmes ou hommes, peu lui importait. Ils avaient, malheureusement, signé leur arrêt de mort lorsqu’ils avaient commencé à l’étudier. Il n’avait pas le choix ici, enfin, il n’avait pas la possibilité d’éviter la tuerie qu’il s’apprêtait à faire. Il pouvait par contre décider d’éprouver du plaisir en l’exécutant ou ne rien ressentir.

Car, bien qu’il y soit obligé, Cassandre aimait égorger et tuer chacune des personnes qui l’entouraient encore quelques minutes plutôt. Les militaires étaient nombreux dans la base, et ils essayèrent par tous les moyens de réduire l’avancée de Cassandre, sans grand succès. Leurs armes n’avaient que peu d’impact sur lui ; certes, il perdait du sang, et même beaucoup de sang quand ils l’atteignaient. Néanmoins, Cassandre buvait tout son saoul en réalisant ce massacre.

 

À chaque balle qui le touchait, chaque coup de couteau qui l’atteignait, il arrachait deux à trois gorges. Se délectant de ce nectar au goût métallique et chaud, il appréciait le liquide coulant en une traînée visqueuse le long de son menton. Avant qu’il ne s’attaquât aux étages inférieurs, il fit le choix stratégique de condamner toutes les entrées du bâtiment. Ces victimes n’avaient nulle part où aller. Elles étaient piégées comme des souris dans un labyrinthe.

 

Il refit, ensuite, le chemin inverse, tuant et détruisant chaque espace qu’il n’avait pas encore visité. Ils avaient beau essayer de se cacher de lui, dans un placard, dans une pièce vide, ils n’avaient aucune chance de lui échapper. Cassandre ne se fiait plus au hurlement qui résonnait, ni à la vision qu’il pouvait avoir de ses victimes.

 

La seule chose à laquelle il se fiait était le son des battements de leur cœur, le murmure du sang pompant dans les veines et les artères de chacun. Plus il buvait, plus il étanchait sa soif. Celle-ci grandissait, poussant ses sens à s’aiguiser et son envie à devenir féroce.

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C’était le problème de l’hémoglobine, plus vous en buviez, plus vous aviez envie d’en boire ; une frénésie qui pouvait vite devenir incontrôlable et dangereuse pour un vampyre. La folie, engendrait par le sang, le poussait à des prises de risques inconsidérés et même à la mort.

 

Cassandre devait se réfréner comme il pouvait. Alors qu’il savait qu’il ne restait plus que quelques humains encore perdus dans les couloirs de la base militaire, il prit le temps de calmer son cœur qui s’emballait. Il ralentit le désir impérieux de la soif. Ses blessures s’étaient toutes refermées, aucune cicatrice n’était visible, le sang faisait des miracles, chaque fois qu’il l’ingurgitait.

 

Il avait déjà passé trop de temps dans ce centre, il fallait qu’il abattît ses dernières cartes, celles-ci se trouvaient au sein du laboratoire, établi dans le sous-sol du bâtiment. Il descendit lentement l’escalier, enjambant les corps dépecés, les cadavres prostrés. Comme il l’avait entendu, deux scientifiques se cachaient encore entre les tables et les bibliothèques d’échantillons qui sillonnaient la pièce.

 

Cassandre traversa la pièce en quelques pas et rejoignit les deux hommes prostrés, les yeux écarquillés d’effroi. Il les observa à tour de rôle, puis s’agenouilla prêt d’eux pour murmurer d’une voix douce, dans leur langue :

« Où sont les échantillons de sang ? »

Il vit la stupeur des deux hommes quand ils comprirent qu’il parlait leur langue, celle-ci fut suivie d’un espoir futile de s’en sortir. L’un d’entre eux lui indiqua une étagère où reposait trois éprouvettes retenues par un support en bois. Dans chacune d’elles, il aperçut le liquide sombre qui se trouvait être son sang. Il observa un moment les échantillons avant de demander :

« C’est tout ? Il n’y en a pas d’autres ? »

Le scientifique lui affirma que c’était les seuls échantillons qui leur restaient. Cassandre se jeta sur lui sans préavis, prêt à lui trancher la gorge. Un cri d’angoisse s’échappa de la bouche de sa nouvelle victime, et Cassandre sentit l’odeur nauséabonde de l’urine quand l’homme se soulagea de peur. Un sourire aux lèvres, le vampyre réitéra sa question. Elle rencontra la même réponse.

 

Satisfait, il brisa la nuque de l’homme d’un geste sec, et en fit autant pour le dernier survivant avant que celui-ci ne puisse s’en rendre compte. Il retourna ensuite devant les échantillons qui contenaient son sang. Il renversa les tubes dans une coupelle, mélangeant le fluide sombre à de l’éthanol puis les brûla.

 

Il n’y avait pas de meilleure solution que de détruire chaque preuve de son passage par le feu. Il arrosa avec assiduité le laboratoire, puis remonta dans les étages formant une traînée d’alcool derrière lui. Quand il fut arrivé à la sortie de la base militaire, il détruisit la porte purement et simplement afin de se frayer un chemin.

 

Il arrosa celle-ci avant de craquer une allumette pour la jeter sur le flot d’alcool qu’il avait répandu dans tout le complexe. La base s’embrasa de mille feux, illumina la nuit et la montagne où elle avait été installée.

Se tenant un peu à l’écart, Cassandre observa le centre partir en fumée, embrasant tout élément qui avait été auparavant un être humain ou non. Son ouïe fine pouvait bien entendre le gémissement des hommes encore vivants entre les flammes qu’ils soient les cobayes passés d’expériences ou les derniers survivants de la base qu’il n’avait pas débusqués. Peu importait à présent, tous périrait dans le brasier, plus rien ne resterait au matin.

 

Cassandre resta immobile, proche des flammes, sans être imprudent, attendant que l’incendie qui s’élevait au firmament se réduisît bientôt à un tas de cendres fumantes. Les premiers rayons du soleil perçaient peu à peu les larges volutes noirâtres. Il sentait la mort et la vie reprendre leurs cours, alors que les renforts semblaient se déployer pour rejoindre le lieu de la fournaise.

Sans un dernier regard pour le lieu qui avait été l’emplacement d’un massacre, il disparut sans laisser de traces…

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