Cassandre chapitre 3

Cassandre — Chapitre 3

Bonjour à tous ! 

 

Voici, la suite des aventures de Cassandre. De fait, je vous laisse découvrir le troisième chapitre de cette nouvelle. Je l’ai commencée en début d’année. Si vous n’avez pas lu les premiers chapitres de celle-ci, vous pouvez la découvrir le premier chapitre et le second ici! 👈

 

Bonne lecture !

Chapitre 3

Un vampyre ne dort jamais. Il est rare qu’il ait besoin de se reposer ou de s’allonger. Ce fut, ainsi étonnant pour Cassandre de se réveiller dans un lit, les yeux sensibles à la lumière crue qui irradiait la pièce. Avant de les ouvrir, Cassandre fit un rapide constat de ce qui l’entourait.

 

Il se trouvait dans une pièce circulaire, avec pour seul accès une porte et une fenêtre. Le mobilier comptait un lit unique sur lequel il avait été installé. Ses bras étaient attachés aux montants métalliques, tout comme ses chevilles. On lui avait percé les veines au niveau du coude, laissant égoutter son sang dans un tube relié à une poche.

 

Cassandre finit par ouvrir les yeux, ceux-ci furent immédiatement assaillis par l’éclat des néons. C’était une lumière d’un blanc épuré, virginal et destructeur. Après un temps d’adaptation, il commença à observer son environnement. Comme il l’avait ressenti, la pièce était ronde, recouverte d’un capitonnage écru. Une porte était dissimulée dans le mur, difficile à distinguer quand on n’avait pas la vision d’un vampyre.

 

La seule touche de couleur, qu’il était capable de différencier des murs blancs, venait de la vitre teintée. Encore une fois, s’il avait été humain, il n’aurait pas pu voir la pièce sur laquelle elle donnait. Trois hommes le regardaient derrière l’écran sombre, chacun vêtu d’une blouse blanche.

 

Cassandre distinguait le symbole derrière eux, comprenant peu à peu où il se trouvait : une base militaire. Tout cela était loin d’être idéal. Ce n’était pas la première fois qu’il se retrouvait dans une mauvaise posture.

L’Inquisition, les conflits religieux ou encore la seconde guerre mondiale, chaque période avait eu son lot de difficultés. Cette époque ne serait pas tant différente des autres. Ce qui l’inquiètait, cette fois-ci, était le sang qu’on lui prélevait. Il n’avait aucune idée du temps qu’il était resté inconscient.

 

Il se demandait quelle pouvait être la quantité de sang qu’on lui avait prélevée. Il sonda rapidement son corps, évalua l’énergie qui lui restait. Cela le rassura quelque peu ; il n’avait pas perdu beaucoup de force, pas autant qu’il aurait cru surtout après la vive douleur qu’il avait ressentie sur l’esplanade.

 

Il n’avait pas le temps de s’appesantir sur ce sujet ; il fallait avant tout qu’il quittât cette base militaire, qu’il éliminât chaque échantillon de sang qu’on avait bien pu lui prélever. Il remarqua l’agitation qui régnait dans la petite salle d’observation. Il se doutait qu’on avait dû noter qu’il était réveillé. Ils ne tarderaient pas à envoyer quelqu’un pour lui parler ou même pour l’étudier.

 

De nouveaux arrivants étaient entrés dans la salle d’observation ; à la vue de leurs uniformes, ils devaient être des militaires, sans doute hauts gradés. Ils étudièrent un temps l’homme allongé sur le lit avant de disparaître du regard de Cassandre.

 

Un bruit de glissement se fit bientôt entendre, et Cassandre ne tarda pas à découvrir que, comme il s’y était attendu, une porte avait laissé place à un trou noir dans la façade capitonnée. Trois personnes entrèrent dans la pièce.

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Cassandre ne put s’empêcher d’éprouver un étrange calme, comme l’accalmie avant que la tempête ne se déchaînât. Les hommes s’approchèrent du lit où il se trouvait et l’entourèrent. e scientifique en blouse blanche s’avança vers les poches de sang qu’on lui avait prélevées et il ferma la valve du tube afin de changer celles-ci.

 

Cassandre ne le quitta pas des yeux, se désintéressant des deux hommes qui discutaient entre eux. Leur conversation, qui aurait certainement dû rester privée, donnait de nombreuses indications à Cassandre. Ils avaient l’air de penser, par imprudence, que ce dernier ne parlait pas leur langue. Il se garda bien de leur apprendre le contraire, écoutant avec attention chaque mot qu’ils prononçaient.

 

Pour tromper leur vigilance, il s’arrangea pour garder les yeux fixés sur le scientifique. Il observait le léger tremblement de ses membres, les furtifs coups d’œil qu’il lui lançait et surtout la sueur qui perlait le long de sa tempe. Cassandre se délectait de sa peur.

 

Il apprit que des tests avaient été engagés sur son sang. Cet internement était dû à la force surhumaine dont il avait fait preuve quand on avait tenté de l’aider. Un homme avait volé sur plusieurs dizaines de mètres, avant de s’écraser au milieu du boulevard. Il était mort sur le coup.

 

La panique avait ensuite fait s’éparpiller les badauds encore présents sur la place. Ils avaient pris la fuite alors que la police, bien incapable de comprendre ce qui arrivait, tentait de mesurer le flux de personnes et de sécuriser le bord du fleuve. Ils avaient eu beaucoup de chance, Cassandre s’était écroulé en peu de temps, bien avant qu’ils n’aient à utiliser leurs armes.

Pourtant, l’effroi n’avait pas reflué ; les policiers avaient cru un temps, que l’homme qui venait de témoigner d’une telle force avait été atteint d’une crise de folie. Cet espoir s’était vite estompé quand ils avaient découvert ses yeux écarlates et leur forme anormale.

 

Les agences gouvernementales avaient été saisies de l’affaire, expliquant sa présence dans ce lieu hautement sécurisé et gardé secret. Les scientifiques, les militaires, personne ne savait vraiment à  ce qu’il était ; le sang avait été testé sur des animaux pour les transformer en bête sauvage, à la force surhumaine. Ils les avaient abattus quand un des employés avait été dévoré vivant par une bande de chimpanzés.

 

Cela devait faire quelques jours que Cassandre était resté inconscient, peut-être trois. Suffisamment de temps pour qu’ils puissent se lancer dans toute une batterie d’expérimentations. S’il savait une chose, c’était qu’il ne pouvait pas laisser repartir ce scientifique avec les poches de sang qu’il venait de lui prendre.

 

Il fallait qu’il agisse vite. Il se doutait que les hommes devant lui ne savaient pas quelles armes ils allaient devoir utiliser contre lui. Il prit, tout de même, le temps de vérifier qu’aucune n’était dissimulée dans le plafond ou dans les parois de la chambre. Après une brève inspection, il étudia ses entraves, rien qui ne puisse le retenir bien longtemps.

 

Sur un dernier coup d’œil lancé au scientifique qui s’apprêtait à partir, et un autre regard sur les deux militaires toujours debout devant lui, il passa à l’action.

 

Comme prévu, il n’eut aucun mal à se détacher de ses liens, et à la stupeur des trois hommes, il déploya son corps tel un félin fondant sur sa proie.

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